PUNIQUES (GUERRES)

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Rome à la conquête de la mer

Le monde hellénique s'était jusque-là presque entièrement désintéressé des affaires d'Occident ; personne n'imaginait qu'une puissance fondée à l'ouest de l'Adriatique pût devenir dangereuse pour les Grecs : après la défaite d'Hannibal, les Hellènes découvrirent qu'ils étaient à la merci de Rome. Même Philippe V de Macédoine, qui conclut une alliance avec les Carthaginois après Cannes, ne cherchait qu'à se débarrasser des quelques bases que les Romains avaient établies sur la côte orientale de l'Adriatique. Hannibal était un des seuls à comprendre que les affaires des deux parties de la Méditerranée étaient inséparables. La surprise des Grecs, quand ils s'aperçurent que la guerre entre Rome et Carthage avait scellé leur destin, est comparable à celle des Européens et des Américains devant le réveil du Tiers Monde à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les peuples civilisés de l'Occident faisaient leur entrée sur le théâtre de la grande politique, mais des peuples « barbares » (Ibères, Celtes et Numides), c'est-à-dire étrangers à la communauté culturelle établie autour de l'hellénisme, à laquelle Carthage et Rome étaient intégrées, avaient joué un rôle important. Pendant la première guerre encore, ces peuples furent utilisés par Carthage comme des réserves de mercenaires. Les Barcides eurent l'idée d'en faire des instruments politiques, en se servant de leurs propres tendances : ainsi l'empire espagnol d'Amilcar fut essentiellement un royaume ibère, dont le général carthaginois était le roi, reconnu par un congrès des chefs de tribu. Plus tard, Hannibal profitera de la poussée celtique vers le sud pour briser l'armée romaine. À la fin de la seconde guerre, les Scipions, après s'être substitués aux Barcides à la tête du royaume espagnol, tournèrent le nationalisme numide contre Carthage. Les résultats de cet engagement dans la grande politique méditerranéenne n'ont d'ailleurs pas été en général favorables au développement de ces nations. L'essor de la civi [...]

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Guerres puniques

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Gilbert-Charles PICARD, « PUNIQUES (GUERRES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/puniques-guerres/