PSYCHOMÉTRIE

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La fidélité et l’erreur de mesure des scores

Une fois l’échelle de mesure construite, il importe d’évaluer les qualités du score total qu’elle permet de calculer. Une des qualités essentielles attendues du score à un test est sa précision. Pour bien comprendre cette notion, il est nécessaire de partir du postulat de base de la théorie classique. Ce postulat est résumé dans l’équation suivante :

X = V+E

X est le score observé au test. Inévitablement, ce score est entaché d’erreurs (E) qui peuvent provenir soit du sujet (par exemple, des erreurs dues à de l’inattention, de l’impulsivité ou à un trou de mémoire), soit de l’examinateur (par exemple, des erreurs dues à des variations dans la présentation des questions ou dans la cotation des réponses). En conséquence, le score observé n’est qu’un reflet approximatif du vrai score (V), ou score exact, qui est le score qu’obtiendrait le sujet évalué si la mesure était sans erreur. Le score exact nous est inconnu. Mais nous pouvons veiller à ce que le score observé soit le plus proche possible du score exact en réduisant au maximum les possibilités d’erreur de mesure. C’est le but de la standardisation des tests. En contrôlant au maximum les conditions de passation des tests – les consignes, le matériel et les critères de cotation –, on diminue les possibilités de variation des scores d’une passation à l’autre, dues à des facteurs autres que le trait mesuré. Il est impossible d’éliminer totalement l’impact de variables parasites sur les scores observés, mais les tests les mieux standardisés permettent de réduire notablement cet impact.

L’erreur de mesure dont il est ici question est aléatoire. Le plus souvent, elle est de faible amplitude, mais il peut arriver qu’elle soit plus importante. Parfois l’erreur est favorable au sujet examiné, et son score observé est alors supérieur à son score exact. Parfois, c’est le phénomène inverse qui se produit. Selon la théorie classique, les erreurs de mesure ont une amplitude qui se distribue normalement autour de 0. Dès lors, les scores observés se distribuent selon une courbe de Gauss [...]

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Pour citer l’article

Jacques GRÉGOIRE, « PSYCHOMÉTRIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychometrie/