PSYCHOLOGIE INTERCULTURELLE

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La psychologie culturelle comparative

Lorsqu’il est question de différences observées par les chercheurs en comparant des individus issus de deux ou plusieurs communautés culturelles distinctes, on parle de psychologie culturelle comparative. À ce niveau, les similitudes ou les différences culturelles sont dans l'esprit de l'observateur, et les différentes cultures étudiées n'ont pas été mises en contact. On doit au psychologue néerlandais Geert Hofstede une recherche emblématique de ce courant qui donna naissance à un paradigme aujourd’hui très influent pour l’étude des différences culturelles : le paradigme individualisme/collectivisme. Hofstede a étudié les valeurs de travail auprès des 110 000 employé(e)s d’une entreprise multinationale installée dans 53 pays ou régions du monde. Cette enquête a permis d’identifier quatre dimensions culturelles fondamentales autour desquelles le système de valeurs de différentes nations peut être étalonné : l’individualisme, la distance hiérarchique, le contrôle de l’incertitude et la masculinité. Il s’agit ici de dimensions structurales ou sociologiques et non psychologiques, Hofstede ayant utilisé le pays et non les réponses individuelles comme unité d'analyse. Parce qu’elle concerne la relation entre l’individu et la société, la dimension individualisme/collectivisme a suscité beaucoup d’intérêt. Ainsi, dans le classement établi par Hofstede, les États-Unis occupent une position extrême sur cette dimension en tant que culture la plus individualiste qui soit. Viennent ensuite la plupart des pays occidentaux qui apparaissent aussi très individualistes (Grande-Bretagne, Canada, Belgique, France, etc.). Les pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique ressortent eux comme étant collectivistes. Le travail de Hofstede offrait de la sorte une carte géographique permettant aux chercheurs de situer leurs observations dans un cadre plus général. Il les confrontait également à une possible remise en question de l’universalité de leur discipline. Les théories développées dans une culture individualiste comme les États-Unis ou la France sont-elles valables pour les cultures collectivistes ? Il s’en est suivi un ensemble de travaux montrant que les aspects du fonctionnement des Occidentaux (valeurs, concept de soi, sociabilité, cognition sociale), posés comme universels par les psychologues sociaux, relevaient en fait de la culture individualiste, alors que des fonctionnements différents étaient observés auprès d’individus de cultures collectivistes. Ainsi, dans les sociétés individualistes, les individus auraient un concept de « soi indépendant », c’est-à-dire une représentation de soi en tant qu’agent autonome, séparé d’autrui et du contexte, alors que, dans les sociétés collectivistes, les individus auraient plutôt un « soi interdépendant », c’est-à-dire une conception de soi comme faisant partie de ceux et celles avec qui nous entretenons des relations importantes.

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Écrit par :

  • : professeur de psychologie sociale et cognitive, directeur du Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Lapsco), UMR 6024 du CNRS

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Pour citer l’article

Serge GUIMOND, « PSYCHOLOGIE INTERCULTURELLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-interculturelle/