PSYCHOLOGIE DES ÉMOTIONS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L’émotion est-elle un ressenti ?

La notion de ressenti-sentiment correspond à la « conscience émotionnelle ». La théorie de William James est un exemple de théorie de la conscience émotionnelle, selon laquelle la perception de ses propres états corporels est le fondement de la conscience émotionnelle. À la même époque, Wilhelm Wundt a proposé une autre théorie de la conscience émotionnelle en distinguant trois dimensions : plaisant-déplaisant, calme-excitation et relaxation-tension. Depuis, les recherches se sont principalement focalisées sur deux dimensions : « se sentir bien ou mal » (dimension de valence) et se sentir « plein d’énergie ou épuisé » (dimension d’activation). Une évolution récente de cette approche affirme que l’intégration de ces deux dimensions, appelée core affect, constitue l’élément fondamental de la conscience affective. Selon cette perspective, une émotion spécifique (par ex. la peur ou la colère) émergera selon la manière dont ce core affect est conceptualisé. Notons que la notion d’une dimension d’activation (arousal) unifiée est débattue. De fait, l’activation est parfois étudiée en termes phénoménologiques, parfois en termes d’activité électrique du cerveau ou parfois en termes d’activité du système nerveux sympathique. La notion d’une dimension de valence en tant que continuum fait également l’objet de nombreuses controverses. Par exemple, plutôt qu’un continuum, il existerait dans le cerveau deux systèmes indépendants, l’un dédié à la valence positive, l’autre à la valence négative. Cela permettrait d’évaluer en même temps les valeurs positives et négatives de situations vis-à-vis desquelles on est ambivalent.

La mesure du ressenti consiste souvent à interroger des individus soit en termes d’émotions discrètes (par ex. « En ce moment, ressentez-vous de la nostalgie ? ») soit en termes de valence (par ex. sur une échelle continue allant de « très désagréable » à « très agréable ») ou d’activation (par ex. sur une échelle continue allant de « très peu activé » à « très activé »). Notons cependant que, même si la valence et l’activation sont souvent considérées comme les deux piliers de la phénoménologie des émotions, d’autres conceptions sont en profond désaccord avec cette perspective. En effet, il a été suggéré que le sentiment est façonné par l’ensemble des ressentis provenant des évaluations cognitives, tendances à l’action, expressions motrices et réactions corporelles. Des questionnaires peuvent être utilisés pour mesurer la conscience que les individus ont de ces composantes émotionnelles.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Genève, directeur du Centre interfacultaire en sciences affectives, Genève (Suisse)

Classification

Pour citer l’article

David SANDER, « PSYCHOLOGIE DES ÉMOTIONS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-des-emotions/