PSYCHOLOGIE DE LA SANTÉ

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Voies transactionnelles : stress, contrôle, soutien social et coping

Phase d’évaluation primaire, le stress perçu

Le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman (1984) distingue des séquences dans l’ajustement des individus aux perturbations de leur environnement. Le stress y est défini comme « une transaction particulière entre un individu et une situation, évaluée comme taxant ou excédant ses ressources et pouvant menacer son bien-être ». Le stress dépend de la perception de la situation et de ses ressources pour y faire face. Il existe des échelles générales et spécifiques pour l’évaluer (stress médical, scolaire, familial, professionnel). Les effets du stress sur la santé, le bien-être et la qualité de vie sont plutôt défavorables chez des sujets tout-venant (plus d’états anxieux, dépressifs, de comportements à risque) comme chez des patients (moindre qualité de vie).

Phase d’évaluation secondaire : contrôle perçu et soutien social perçu 

Le contrôle perçu consiste à croire que l’on maîtrise une situation particulière ; il est distinct du lieu de contrôle, trait stable et général. Diverses échelles permettent d’évaluer le contrôle perçu vis-à-vis de certains problèmes (travail, santé). Il a en général des effets positifs (comportements sains) qui dépendent cependant de la situation (contrôlabilité effective) et de l’individu (auto-efficacité, croyances et comportements de santé). Le fait pour un patient de croire qu’il contrôle sa maladie est bénéfique (détresse moindre, meilleure adhésion thérapeutique), sauf dans des maladies sévères et durables (des cancers, par exemple) où ses efforts de contrôle ne se traduisent pas par des améliorations tangibles.

Le soutien social perçu correspond aux ressources sociales perçues face à un problème : disponibilité (personnes pouvant aider) et satisfaction (adéquation du soutien aux attentes). Il ne se confond ni avec l’intégration sociale (qui est un déterminant social de la santé) ni avec la qualité de vie sociale (qui est une issue). Il existe des outils génériques et spécifiques pour l’évaluer. Si l’intégration sociale est bénéfique pour la santé physique, le soutien social perçu protège plutôt la santé mentale (stress perçu moindre, meilleur contrôle, plus de stratégies actives). Au travail par exemple, le soutien social perçu (collègues et supérieurs) induit plus de satisfaction, moins de dépression et de burn-out. Chez les patients, il réduit les affects négatifs et renforce l’efficacité perçue et l’adhésion thérapeutique.

La phase d’ajustement ou coping

À la suite de l’évaluation de la situation et de ses ressources, l’individu élabore des réponses « de faire face » (ou coping) de natures diverses (cognitives, émotionnelles, comportementales). Ces réponses se regroupent en deux grandes catégories : le coping centré sur le problème (ou actif), qui vise à réduire les exigences de la situation et le coping centré sur l’émotion, qui vise à se modifier soi-même pour tolérer la situation (réévaluation, évitement, distraction…). Si un coping actif est généralement plus efficace, l’effet d’une stratégie de coping varie selon les situations et issues. Chez les patients atteints d’une pathologie sévère, par exemple, un coping émotionnel peut préserver le bien-être (il évite d’être submergé par la détresse), mais il peut nuire à la santé physique à plus long terme (il est associé à une moindre adhésion thérapeutique et à plus de comportements à risques).

Les processus transactionnels sont affectés par des antécédents sociaux et individuels dont ils « médiatisent » les effets sur la santé. Les traits de personnalité protecteurs sont associés, par exemple, à moins de stress perçu et à plus de contrôle, de soutien perçu et de coping actif. Outre leurs effets sur les issues de santé, ils peuvent interagir entre eux et affecter d’autres processus médiateurs. Un coping actif est associé, par exemple, à des comportements sains. Les issues de santé peuvent avoir sur les processus médiateurs des effets rétroactifs.

Voies biologiques

Certains traits de personnalité (anxiété, dépression, hostilité, AN, N) sont associés à des affects, cognitions et processus (stress perçu, coping émotionnel) dont les effets sur la santé transitent par des voies biologiques : activation de certains axes (corticotrope et sympathique), élévation du taux d’hormones de stress, activation des réponses cardio-vasculaires et inflammatoires, moindre activité du système immuni [...]

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Pour citer l’article

Marilou BRUCHON-SCHWEITZER, « PSYCHOLOGIE DE LA SANTÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-de-la-sante/