PROSTITUTION DE 1789 À 1949

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L'Apollonide, souvenirs de la maison close, film de Bertrand Bonello

L'Apollonide, souvenirs de la maison close, film de Bertrand Bonello
Crédits : Haut et Court/ D.R.

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Descente de police dans une maison close, 1887

Descente de police dans une maison close, 1887
Crédits : Bettmann/ Getty Images

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La Traite des Blanches, Théophile Alexandre Steinlen

La Traite des Blanches, Théophile Alexandre Steinlen
Crédits : Swim Ink 2, LLC/ Corbis Historical/ Getty Images

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Le mouvement abolitionniste

Malgré son expansion, le réglementarisme est fortement critiqué. Les protestations des féministes britanniques se manifestent dès l’importation du système français, et se concrétisent par la fondation, en 1875, par une figure féministe, Josephine Butler, de la Fédération britannique continentale et générale pour l’abolition de la prostitution (devenue Fédération abolitionniste internationale, F.A.I., à Genève). La « croisade » de Butler est moralisatrice : elle condamne la prostitution et veut remettre dans le droit chemin les prostituées, des « sœurs » déchues. En France, les arguments avancés contre le réglementarisme sont plus juridiques, politiques et sanitaires : pour la philosophe féministe Maria Deraismes, les maisons closes sont des concessions aux exigences masculines, tandis que le journaliste féministe membre de l’extrême gauche radicale Yves Guyot lance en 1876 une campagne abolitionniste dans le journal Les Droits de l’homme puis dans La Lanterne. Selon lui, le réglementarisme et son instrument, la police des mœurs, ne respectent pas les droits de l’homme, puisque leur action, qui ne touche que les prostituées, est contraire au principe d’universalité. Des médecins, tels que le Français Louis Fiaux, soulignent, quant à eux, l’échec du réglementarisme, puisque la contamination vénérienne, celle de la syphilis surtout, n’a pas reculé.

Le mouvement abolitionniste, souvent soutenu par la franc-maçonnerie et les réseaux protestants, se diffuse grâce aux branches nationales et aux nombreux congrès de la F.A.I., et cela malgré l’apparition de dissensions internes. En effet, deux tendances s’opposent : d’un côté, les prohibitionnistes veulent l’interdiction du réglementarisme et de la prostitution ; de l’autre, les abolitionnistes, ennemis du réglementarisme, considèrent, en libéraux, que la prostitution – un contrat passé entre deux adultes consentants – ne concerne pas l’État ; Yves Guyot affirme même que les femmes sont libres de l’usage de leur corps.

Les féministes dénoncent la misère féminine ; les radicales allemandes metten [...]

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Yannick RIPA, « PROSTITUTION DE 1789 À 1949 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prostitution/