PROSTITUTION DE 1789 À 1949

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L'Apollonide, souvenirs de la maison close, film de Bertrand Bonello

L'Apollonide, souvenirs de la maison close, film de Bertrand Bonello
Crédits : Haut et Court/ D.R.

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Descente de police dans une maison close, 1887

Descente de police dans une maison close, 1887
Crédits : Bettmann/ Getty Images

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La Traite des Blanches, Théophile Alexandre Steinlen

La Traite des Blanches, Théophile Alexandre Steinlen
Crédits : Swim Ink 2, LLC/ Corbis Historical/ Getty Images

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La Révolution française contre la dépravation des mœurs

Les cahiers de doléances rédigés pour la réunion des États généraux de 1789 réclament un contrôle du recrutement des prostituées et des réseaux de maquerellage, la concentration géographique des filles de joie et la répression de la prostitution non dissimulée, sans toutefois chercher les causes du phénomène. Les révolutionnaires, qui lient la liberté aux bonnes mœurs publiques, jugent sévèrement les prostituées, pas leurs clients.

Sans explicitement nommer la prostitution, la loi des 19-22 juillet 1791 sur l’organisation de la police municipale et correctionnelle, chargée de faire respecter les « bonnes mœurs », reconnaît son existence à travers la répression du « raccrochage » (le racolage), comme atteinte à l’ordre public et à la décence, faisant de celui-ci un délit passible d’une peine de prison de six mois maximum.

Opposant la vertu révolutionnaire aux mœurs dépravées de l’aristocratie, la Terreur (1793-1794) défend à « toutes les filles ou femmes de mauvaise vie de se tenir » dans l’espace public et « d’y exciter au libertinage et à la débauche ». L’application de cet arrêté du 4 octobre 1793 par les commissaires de police conduit à des rafles de prostituées, jeunes femmes de condition modeste et célibataires pour la plupart (784 arrestations), concentrées essentiellement au bord de la Seine et au Palais-Royal, à Paris. De plus, la peur grandissante de la contamination vénérienne provoque une forte répression de la prostitution. Cette législation et les pratiques policières créent alors la catégorie de « fille publique », artificiellement homogène, qui ne prend pas en compte la diversité des pratiques et des conditions d’exercice (prostitution de rue, de maison close, rôle des proxénètes…).

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Yannick RIPA, « PROSTITUTION DE 1789 À 1949 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prostitution/