PROSTITUTION DANS L'ANTIQUITÉ

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Des marchés sexuels légalement ouverts à tous

Dans l’Antiquité, le commerce du sexe n’est pas circonscrit à un espace particulier : quelle que soit la ville, à Athènes, dans le port d’Éphèse, à Alexandrie en Égypte, à Rome, à Pompéi, à Ostie ou à Volubilis, les hommes et femmes prostitués se tiennent dans les parcs, près des portes d’accès aux cités, dans les bordels et les tavernes, derrière les tombeaux ou au sein même des armées. L’imbrication des activités sexuelles avec les autres activités marchandes indique que le désir sexuel n’est pas en lui-même une chose honteuse, ce que confirme la diffusion assez généralisée de peintures, graffiti et sculptures érotiques.

Les citoyens athéniens du ive siècle avant J.-C. expliquent d’ailleurs que les bordels publics ont été institués par le législateur Solon au vie siècle avant J.-C. afin de protéger du désir des hommes la vertu des femmes et des jeunes gens ayant le statut de citoyen. Non seulement légal, le commerce du sexe est donc considéré comme bénéfique pour l’ordre social : à Rome, l’empereur Auguste (vers 63 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.) fait enregistrer les prostituées, les puellae vulgares, et, comme en Grèce depuis le vie siècle avant J.-C., des fêtes publiques sont organisées pour célébrer les bénéfices de la jouissance, qu’ils soient matériels ou pas.

Les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes au service d’une clientèle masculine sont le plus souvent des esclaves, comme le confirment les nombreux graffiti de Pompéi vantant à la fois les mérites professionnels de l’une ou de l’autre et le prix à payer pour en profiter. Des proxénètes éduquent de très jeunes enfants achetés dans ce but : certains sont même loués à la soirée ou à la journée. À Athènes au ive siècle avant J.-C., le prix de ces locations est réglementé et limité à 2 drachmes par jour, ce qui correspond à quatre fois le salaire journalier d’un ouvrier ordinaire. Toutes les sources grec [...]

Graffiti érotique de Pompéi, Ier siècle.

Graffiti érotique de Pompéi, Ier siècle.

Photographie

Une peinture murale provenant de Pompéi illustre une scène érotique. Les plaisirs sexuels, et par conséquent la prostitution, étaient alors régis par le respect des hiérarchies sociales distinguant les maîtres et les esclaves. Graffiti du Ier siècle, Pompéi. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG-images

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Écrit par :

  • : professeure des Universités en histoire ancienne, université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, directrice de l'UMR 8210 Anthropologie et histoire des mondes antiques

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Pour citer l’article

Violaine SEBILLOTTE CUCHET, « PROSTITUTION DANS L'ANTIQUITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prostitution-dans-l-antiquite/