PROSTITUTION À L'ÉPOQUE MODERNE (XVe-XVIIIe SIÈCLES)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Prostitution à l’époque moderne, XIXe siècle

Prostitution à l’époque moderne, XIXe siècle
Crédits : Bildagentur-online/ Universa Images Group via Getty

photographie

Prison pour prostituées au XVIIIe siècle, Londres.

Prison pour prostituées au XVIIIe siècle, Londres.
Crédits : Guildhall Library & Art Gallery/ Heritage Image/ Age Fotostock

photographie

La Conduite des filles de joie à la Salpêtrière, E. Jeaurat

La Conduite des filles de joie à la Salpêtrière, E. Jeaurat
Crédits : Collection Dagli Orti/ Musée Carnavalet Paris/ Gianni Dagli Orti/ Aurimages

photographie


La prostitution, entre contraintes et subversion

Une activité aux formes diversifiées qui dérange l’ordre social

Les historiens soulignent généralement la diversité des formes de la prostitution à l’époque moderne.

Pour les hommes, elle prend les traits du gigolo qui sait obtenir la protection de plus puissant que lui, du prostitué occasionnel né dans une famille socialement bien insérée dans la cité mais que la jeunesse éloigne encore du mariage, ou du garçon de passe ou de troupe que la contingence et la vie marginale rendent vulnérable aux réseaux de recruteurs. Les institutions notamment ecclésiastiques ont contribué à jeter un voile sur l’aspect mercantile de ces échanges sexuels. Les poursuites inquisitoriales condamnent en effet surtout la publicité faite à la pratique de la sodomie. Entre le milieu du xvie siècle et la fin du xviie siècle, les affaires qui sont instruites pour sodomie impliquent généralement plusieurs partenaires et la prostitution y tient une place substantielle.

Les hommes et les femmes qui utilisent leur sexualité comme fonds de commerce opèrent avant l’âge de 30 ans. Tout comme les hommes, il existe pour les femmes différents niveaux dans la prostitution : des femmes galantes qui reçoivent chez elles à la prostituée au plus bas de l’échelle, la « barbotteuse » des terrains vagues de la périphérie des villes, en passant par la grisette des beaux quartiers. Certaines racolent dans la rue avant de rejoindre un hôtel miteux, d’autres reçoivent dans leur somptueuse demeure ou, au contraire, dans de vilains garnis, certaines encore exercent leur activité à la journée ou uniquement lorsque sont organisées des fêtes privées, dans des maisons spécialisées dans les rencontres sexuelles tarifées tenues par des maquerelles, d’autres y sont domiciliées après avoir été emmenées par un souteneur ou un proche parent.

Pour les hommes comme pour les femmes, l’aspect financier de la prostitution n’est pas ce qui indigne le plus ; il peut même atténuer la faute de celui qui offre ses s [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : docteur en science politique, professeur à l'École de service social de l'université de Montréal

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Amélie MAUGÈRE, « PROSTITUTION À L'ÉPOQUE MODERNE (XVe-XVIIIe SIÈCLES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prostitution-a-l-epoque-moderne-xve-xviiie-siecles/