PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 2025

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Parcours des lauréats

Le Britannique John Clarke est né le 10 février 1942 à Cambridge (Royaume-Uni). Il étudie à l’université de cette même ville où il obtient son doctorat de physique en 1968 sous la direction du physicien des solides Brian Pippard (1920-2008) qui a encadré quelques années plus tôt la thèse de Brian Josephson, dont le travail inclut l’invention d’un voltmètre extrêmement précis utilisant des matériaux supraconducteurs. Il rejoint ensuite l’université de Californie à Berkeley, où il devient rapidement professeur assistant. Il y est nommé en 1973 professeur de physique expérimentale, tout en gardant des liens avec l’université de Cambridge. Il effectuera toute sa carrière à Berkeley et y sera nommé professeur émérite en 2010. Outre son rôle majeur dans les travaux récompensés par le prix Nobel, il est internationalement reconnu comme expert de la mise au point de dispositifs électroniques innovants utilisant des matériaux supraconducteurs.

Le physicien français Michel Devoret est né le 5 mars 1953 à Paris. Après une formation d’ingénieur à l’École nationale supérieure des télécommunications (Paris), il suit un cursus à l’université d’Orsay en optique quantique et en physique atomique et moléculaire. Il est ensuite doctorant dans le laboratoire de physique de la matière condensée au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Saclay (Essonne) et soutient en 1982 sa thèse, titrée Mise en évidence d’un ordre orientationnel de type vitreux dans l’hydrogène et le deutérium solides, sur les transitions de phase de l’hydrogène solide, sous la direction de Neil Sullivan (né en 1942). Son séjour postdoctoral (1982-1984) à l’université de Californie à Berkeley (États-Unis) dans le laboratoire du professeur Clarke donne lieu aux réalisations qui lui vaudront le prix Nobel en 2025. De retour en France, il participe à la fondation du groupe de quantronique au laboratoire du CEA-Saclay. Les principaux résultats de ce groupe sont l’invention d’une pompe à électrons et la réalisation d’un qubit supraconducteur, baptisé quantronium. Nommé professeur de physique appliquée à l’université de Yale (États-Unis) en 2002, Devoret y développe avec son groupe de recherche divers dispositifs électroniques dont un nouveau type d’amplificateur ultra-bas bruit. Il est aussi titulaire de la chaire « physique mésoscopique » du Collège de France de 2007 à 2013. Il rejoint en 2024 l’université de Californie à Santa Barbara. Il est aussi directeur scientifique de l’équipe Google Quantum AI qui a pour but la réalisation d’un premier ordinateur quantique utile.

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John M. Martinis est né en 1958, fils d’un émigré yougoslave et d’une Américaine. Sa famille vit à San Pedro, près de Los Angeles (Californie). À partir de 1976, il fait ses études universitaires à l’université de Californie à Berkeley et est doctorant dans l’équipe de Clarke sous la direction duquel il soutient sa thèse en 1987. Il travaille en collaboration avec Clarke et Devoret, ce qui lui vaudra de partager le prix Nobel 2025. Martinis fait ensuite un séjour postdoctoral dans l’équipe de Devoret au CEA à Saclay, puis occupe un poste à la division de technologie électromagnétique de l’office des brevets américains (le NIST, National Institute of Standards and Technology) à Boulder (Colorado) où il travaille sur des amplificateurs à SQUID. Il met en particulier au point une nouvelle technique de détection ultrasensible de rayons X. Nommé professeur de physique expérimentale à l’université de Californie à Santa Barbara en 2004, il y dirige un groupe qui se consacre au développement des prototypes d’ordinateurs quantiques à partir de jonctions Josephson. De 2014 à 2020, il collabore avec Google puis rejoint la compagnie australienne Silicon Quantum Computing. Il participe en 2022 à la fondation de l’entreprise Qolab basée à Los Angeles (Californie) qui tente[...]

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

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Lauréats du prix Nobel de physique 2025 - crédits : Courtesy of UC Berkeley Physics ; Harold Shapiro/ Yale University ; Liubov Lukashenko/ Courtesy of QoLab

Lauréats du prix Nobel de physique 2025

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