PRIX NOBEL DE CHIMIE 2016

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Jean-Pierre Sauvage

Jean-Pierre Sauvage
Crédits : David Betzinger/ SIPA

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James Fraser Stoddart

James Fraser Stoddart
Crédits : Jim Prisching, avec l'aimable autorisation de sir Fraser Stoddart

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Bernard Lucas Feringa

Bernard Lucas Feringa
Crédits : Elmer Sterken/ Université de Groningen.

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Le prix Nobel de chimie 2016 a été attribué au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique James Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Lucas Feringa pour leurs travaux sur la conception et la synthèse de machines moléculaires.

Les machines moléculaires répondent à une question fondamentale : l’homme est-il capable de fabriquer des machines qui soient de la taille d’une molécule, c’est-à-dire environ un nanomètre (1 nm = 1 millionième de millimètre) ? Pour relever ce défi, les trois lauréats du prix Nobel de chimie 2016 ont imaginé et préparé, à l’aide des outils de la chimie organique (chimie du carbone et ses composés) et de la chimie de coordination (chimie de la complexation des ions métalliques par les molécules organiques), des molécules dits en « maillons » constituées de deux parties indépendantes qui ne sont pas assemblées par les liens classiques (liaisons covalentes). Ce qui les relie entre elles, c’est l’arrangement (topologie) qu’on les a forcées à adopter durant leur synthèse et qui les unit de façon mécanique, comme deux anneaux d’une chaîne qui sont associés sans être liés. Cette particularité permet à une partie de la molécule de se déplacer facilement par rapport à l’autre (mouvements de rotation ou de translation), à condition qu’on apporte une certaine quantité d’énergie qui peut être thermique, électrique, lumineuse ou chimique. Il s’agit donc bien d’un moteur puisque l’énergie qui y est injectée est transformée en un mouvement contrôlé. C’est sur cette base que les trois chimistes ont réussi à construire des nanomachines (nanoascenseur, nanovoiture, nanomuscle) qui utilisent des mécanismes semblables à leurs homologues macroscopiques en ce sens qu’elles possèdent des roues, des essieux, des cliquets ou des hélices – élaborés ici avec des constituants organiques et que l’on ne peut voir qu’avec des microscopes électroniques sophistiqués. Ces machines étant capables d’adopter deux positions bien déterminées, que l’on pourrait noter « 0 » et « 1 », elles [...]

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint scientifique de l'Institut de chimie du CNRS

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Jacques MADDALUNO, « PRIX NOBEL DE CHIMIE 2016 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prix-nobel-de-chimie-2016/