PRIMATES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Protection et conservation des Primates

L'étude des Primates actuels promet encore de nombreux étonnements et l'ancienne « voie royale des Prosimiens à l'Homme » paraît aujourd'hui, plus que jamais, buissonnante. Les adaptations les plus complexes, les solutions les plus surprenantes qu'ils donnent aux mêmes problèmes ne doivent pas faire oublier que la première caractéristique des Primates, et des Simiens en particulier, est l'absence, ou le faible niveau, de spécialisation comportementale liée à la grande plasticité que leur confère une ontogenèse lente au sein d'un environnement social qui constitue le réservoir des acquisitions antérieures.

Cette fascinante « plongée » vers nos origines risque de tourner court du fait de nos propres facultés d'adaptation. L'Homme, le plus évolué d'entre les Primates, a le pouvoir paradoxal à la fois de se connaître et de supprimer toutes les traces de sa propre histoire.

Quelque 75 espèces de Primates sur 188 sont menacées : le tamarin-lion (Leontopithecus), de l'est du Brésil, ne compte plus que 300 à 400 individus, le muriqui (Brachyteles arachnoides), du sud-est du Brésil, ne compte plus que quelques troupes dispersées, et maintes autres espèces deviennent ainsi trop résiduelles pour survivre.

Dégradation des habitats

Le phénomène s'amplifie de jour en jour aussi bien en Amérique du Sud qu'en Afrique (et Madagascar) et en Asie (Chine et Asie du Sud-Est) : de nombreux habitats composés autrefois de forêts continues sont réduits de plus en plus à des îlots conditionnant dramatiquement la densité potentielle des espèces qu'ils abritent. De plus, l'exploitation des forêts est généralisée et constitue souvent la principale richesse économique du pays. La conversion des forêts en terres agricoles ou en zones d'élevage, la construction de vastes projets hydroélectriques ou de voies de communications sont d'autres raisons de destruction des habitats des Primates et de l'isolement des populations. Kalimantan (partie indonésienne de l'île de Bornéo) abrite plusieurs espèces de primates non humains et notamment l'orang-outan. Cette région a vu ses habitats forestiers réduits de 50 p. 100 de 1960 à 1990, et le phénomène s'est accéléré depuis lors. La forêt recule du fait de déboisements légaux et illégaux, de feux de forêts, et est remplacée par des plantations de palmiers à huile (Rijksen et Meijaard, 1999). Partout dans le monde, les forêts tropicales disparaissent à raison de 10 à 20 millions d'hectares par an. Tous ces bouleversements sont liés directement ou indirectement à l'explosion démographique humaine.

Destruction des populations

Si en Amazonie et en Afrique les Primates sont chassés pour leur viande, qui représente une source de protéines non négligeable, une autre menace majeure pour les Primates est la capture d'individus vivants à des fins commerciales directes ou indirectes, pour des particuliers ou pour la recherche biomédicale. Or, quels que soient l'intérêt et l'émerveillement qu'il suscite, le Primate ne peut être un animal de compagnie. Les jeunes sujets doivent effectuer leur ontogenèse dans un environnement social spécifique, et leur grande longévité est un facteur rarement pris en compte par les acquéreurs illégaux de ces animaux.

Sauvegarde des espèces

La convention C.I.T.E.S. (Convention of Trade in Endangered Species of Wild Flora and Fauna), de même que le dynamisme et la compétence de grands organismes internationaux tels que l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature, devenue Union mondiale pour la nature) ont permis un effort essentiel contre les trafics et pour une utilisation rationnelle des milieux naturels. En Ouganda, il a été montré qu'un abattage sélectif des arbres pouvait représenter un compromis acceptable entre une nécessité économique et la conservation des populations de Primates (Skorupa, 1986).

La disparition des habitats, le commerce de la viande de brousse et d'autres trafics affectent particulièrement les populations d'anthropoïdes, plus sensibles que les autres espèces en raison des caractéristiques de leurs « traits d'histoire de vie » (longue ontogenèse, faible fertilité, long intervalle entre les naissances, etc.). Ces phénomènes s'accompagnent de l'augmentation croissante d'orphelins. Ceux-ci, récupérés par les populations locales, sont alors confiés à des orphelinats créés par des personnes particulièrement sensibilisées à la disparition de [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 34 pages

Médias de l’article

Singes douroucoulis

Singes douroucoulis
Crédits : Gérard Lacz /Biosphoto/ Photononstop

photographie

Ouistiti

Ouistiti
Crédits : Stuart Westmorland/ The Image Bank/ Getty Images

photographie

Babouin olive et vervet

Babouin olive et vervet
Crédits : Tim Graham/ Robertharding/ Agefotostock

photographie

Macaques

Macaques
Crédits : Ronny Adolof Buol/ Pacific Press/ LightRocket/ Getty Images

photographie

Afficher les 10 médias de l'article


Écrit par :

  • : docteur en éthologie, docteur ès sciences, professeur à l'École nationale vétérinaire d'Alfort

Classification

Autres références

«  PRIMATES  » est également traité dans :

BABOUIN

  • Écrit par 
  • Marie-Claude BOMSEL
  •  • 413 mots
  •  • 2 médias

Singe au corps puissant, caractérisé par un museau allongé et nu comme celui du chien, d'où leur autre nom commun de cynocéphale (signifiant « tête de chien »). Répartition géographique : Afrique centrale, Afrique du Sud et Arabie. Habitat : savanes, collines rocheuses et forêts. Classe : Mammifères ; ordre : Primates ; sous-ordre : Simiens (Haplorrhini) ; famille : Cercopithécidés. Les babouins, […] Lire la suite

CERCOPITHÈQUE

  • Écrit par 
  • Marie-Claude BOMSEL
  •  • 435 mots

Singe de taille moyenne, au corps svelte et à longue queue non préhensile, vivant dans les forêts africaines, au sud du Sahara. Classe : Mammifères ; ordre : Primates ; famille : Cercopithécidés. Autrefois appelés « guenons », les cercopithèques, représentés par plus de vingt espèces, ont un corps harmonieux et des membres postérieurs plus longs que les membres antérieurs. Leur tête ronde est souv […] Lire la suite

CHIMPANZÉ

  • Écrit par 
  • Marie-Claude BOMSEL
  •  • 637 mots
  •  • 1 média

Grand singe au pelage noir, moins lourd que le gorille, vivant dans les forêts denses et les savanes boisées de l'ouest et du centre de l'Afrique (du Sénégal au côté ouest de la Tanzanie). Classe : Mammifères ; ordre : Primates ; famille : Hominidés. Effectifs : 320 000. Les chimpanzés sont représentés par deux espèces : le chimpanzé commun ( Pan troglodytes ) et le bonobo ( Pan paniscus ). Dépour […] Lire la suite

COMPORTEMENT ANIMAL - Comportement social

  • Écrit par 
  • Dalila BOVET
  •  • 3 595 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Accès à la dominance »  : […] La dominance est notamment influencée par le sexe de l'individu. Chez la plupart des mammifères (y compris les chimpanzés), les mâles sont dominants par rapport aux femelles car ils sont physiquement plus forts. Toutefois, il existe des exceptions : chez les bonobos, les femelles dominent les mâles parce qu'elles forment entre elles des liens solides qui leur permettent de se liguer contre eux. G […] Lire la suite

ÉQUATORIAL MILIEU

  • Écrit par 
  • François DURAND-DASTÈS, 
  • Yves GAUTIER, 
  • Emmanuelle GRUNDMANN
  •  • 6 369 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La vie animale »  : […] Si une apparente cacophonie animale règne dans la forêt, il est très difficile d'en observer les habitants. Néanmoins, ces milieux abritent une extrême biodiversité, seulement égalée par celle des récifs coralliens. Certains scientifiques estiment le nombre d'espèces animales vivant sur Terre entre 2 et 3 millions, d'autres pensent que ce chiffre est nettement sous-estimé, avançant parfois même […] Lire la suite

FAUNE SAUVAGE

  • Écrit par 
  • Romain JULLIARD, 
  • Pierre PFEFFER, 
  • Jean-Marc PONS, 
  • Dominique RICHARD, 
  • Alain ZECCHINI
  •  • 14 137 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Ubiquistes et endémiques »  : […] À l'intérieur même de ces grandes régions biogéographiques, la faune sauvage se répartit de façon très inégale. Certaines espèces sont dites ubiquistes car elles se retrouvent d'une extrémité à l'autre d'un continent, parfois même au-delà. C'est le cas bien connu de l'ours brun et du loup, qui peuplent toute la région paléarctique, de l'Espagne aux États-Unis et de la Sibérie au Canada. C'est auss […] Lire la suite

FIÈVRES HÉMORRAGIQUES VIRALES

  • Écrit par 
  • Yannick SIMONIN
  •  • 4 738 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Thérapeutiques et prévention des fièvres hémorragiques virales »  : […] La rareté relative et l'occurrence sporadique de ces maladies, associées à des considérations éthiques, constituent un obstacle majeur à la conduite d’essais cliniques sur l'homme, entravant le développement de nouvelles stratégies d'intervention. Les modèles animaux reproduisant fidèlement la plupart des aspects de la maladie humaine sont donc essentiels pour l'évaluation de nouveaux vaccins et […] Lire la suite

GIBBON

  • Écrit par 
  • Marie-Claude BOMSEL
  •  • 420 mots
  •  • 1 média

Singe de taille moyenne, à l'allure longiligne, dépourvu de queue et aux membres antérieurs démesurés. Habitat et répartition géographique : forêts humides d'Asie méridionale (Inde, Chine, Birmanie, Malaisie, Indonésie). Classe : Mammifères ; ordre : Primates ; famille : Hylobatidés. Représentés par une dizaine d'espèces (gibbons et siamangs), ces singes sont caractérisés par un corps élancé et de […] Lire la suite

GORILLE

  • Écrit par 
  • Marie-Claude BOMSEL, 
  • Universalis
  •  • 537 mots
  •  • 3 médias

Le plus grand des Primates vivant sur notre planète, possédant un pelage brun noir et fréquentant les forêts denses de l'ouest et du centre de l'Afrique. Classe : Mammifères ; ordre : Primates ; famille : Hominidés ; effectifs : 320 000. Les gorilles (genre Gorilla ) , représentés par deux espèces (gorille de l'Ouest ou Gorilla gorilla  ; gorille de l'Est ou Gorilla beringei ), sont caractéris […] Lire la suite

KÖHLER WOLFGANG (1887-1967)

  • Écrit par 
  • Jean-François RICHARD
  •  • 447 mots

Né à Reval dans les provinces baltes, Wolfgang Köhler fait ses études à Tübingen, Bonn et Berlin, avant d'être envoyé à la station établie dans l'île de Ténériffe en 1913, où il étudiera pendant plusieurs années le comportement des primates. Il revient en Allemagne, en 1920, et obtient en 1922 une chaire à l'université de Berlin. Ses recherches sur la discrimination visuelle chez le poulet et sur […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Bertrand L. DEPUTTE, « PRIMATES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/primates/