PREUVE, épistémologie

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La proposition et le fait

Le problème, énoncé déjà par les sceptiques au sujet de la représentation, est celui de la confrontation de deux domaines apparemment sans commune mesure. Popper le pose en ces termes : « Que pouvons-nous signifier si nous disons d'une assertion qu'elle correspond aux faits (ou à la réalité) ? Quand nous nous rendons compte que cette correspondance ne saurait reposer sur une correspondance structurelle, la tâche d'élucider une telle correspondance paraît sans espoir... » (The Logic of Scientific Discovery, 1972, p. 274). Mais il ajoute immédiatement qu'en recourant à un métalangage sémantique Tarski aurait résolu le problème et défini le principe d'une théorie de la correspondance.

Karl Popper

Photographie : Karl Popper

Le philosophe et épistémologue Karl Raimund Popper (1902-1994), né en Autriche, enseigna à la London School of Economics and Political Science de 1945 à 1969. 

Crédits : Keystone/ Getty Images

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Le « concept de vérité » selon Tarski déplace, en effet, le problème de la correspondance dans le sens de la relation d'un langage-objet L avec un métalangage M. « Est vrai » (formule qui est synonyme de « s'accorde avec les faits ») sera un prédicat métalinguistique, prédicable des propositions de L. Il pose que, dans une certaine proposition de L, une certaine relation ou un certain prédicat se trouvent « satisfaits », au sens où des objets remplissent des fonctions propositionnelles. On dira en conséquence qu'une proposition est vraie si elle est satisfaite par tous les objets et fausse dans le cas contraire. Ainsi, si on prend le français comme M et l'anglais comme L (dans la situation la plus courante, L sera une partie de M, ce qui ne fait pas problème s'ils ne sont pas confondus, c'est-à-dire si les propositions de L sont des citations en M), la condition de vérité de la proposition the book is on the table s'énoncera « la proposition the book is on the table s'accorde avec les faits si et seulement si le livre est sur la table ». C'est en cela que consiste la « convention T » : en remplaçant une proposition quelconque de L par la lettre p, et en donnant à p le nom X (en M), « X est vraie » et « p » sont équivalents. On aura ainsi : (T) X est vraie si et seulement si p. La même convention régit récursivement les pro [...]

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Écrit par :

  • : docteur en philosophie, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

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Pour citer l’article

Fernando GIL, « PREUVE, épistémologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/preuve-epistemologie/