POUR UNE APPROCHE COGNITIVE DES CONVENTIONS ÉCONOMIQUES, André OrléanFiche de lecture

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Incertitude et coordination mimétique : les conventions appliquées aux marchés financiers

S'inscrivant dans la filiation de Franck Knight, André Orléan distingue le « risque » (qui permet un calcul de probabilités) de l'« incertitude » (non calculable). Les mutations qualitatives affectant les produits et les goûts ou les innovations technologiques font, par exemple, partie de ces événements irréductibles aux données antérieures. L'incertitude implique alors une nouvelle définition de la rationalité de l'agent et une remise en cause de la coordination par les mécanismes de marché. Les procédures marchandes doivent, en effet, être complétées par d'autres formes sociales, d'autres institutions coordinatrices : les organisations, appelées « convention ». La convention « désigne l'organisation sociale au travers de laquelle la communauté se dote d'une référence commune, produit une représentation collective extériorisée qui fonde les anticipations individuelles ». Elle permet « d'écarter, provisoirement, les forces destructrices du soupçon et de la méfiance. Ainsi la caractéristique de la convention est-elle d'agir sur les interprétations des agents. Elle s'identifie à une représentation collective qui délimite a priori le champ des possibles ».

André Orléan applique l'analyse des conventions aux marchés financiers, dont la capacité d'autorégulation est limitée. Reprenant ici l'argumentation de John Maynard Keynes sur les anticipations (le « concours de beauté » du chapitre xii de la Théorie générale), il montre le caractère « autoréférentiel » du marché financier : l'information pertinente n'est pas définie « objectivement » à partir des « fondamentaux » de l'économie, mais porte sur les croyances et les opinions des autres agents. L'individu tente de prévoir la « psychologie du marché » : l'imitation joue donc un rôle fondamental, comme en témoigne le cas des « bulles spéculatives » – phénomènes sans support réel qui n'existent que parce que tous les agents y croient. Ce pr [...]

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Écrit par :

  • : chercheur au G.R.E.S.E. (Groupe de recherches épistémologiques et socio-économiques), université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Annie SORIOT, « POUR UNE APPROCHE COGNITIVE DES CONVENTIONS ÉCONOMIQUES, André Orléan - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pour-une-approche-cognitive-des-conventions-economiques/