POSTCOLONIALES ANGLOPHONES (LITTÉRATURES)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le début des littératures postcoloniales

Peu d'écrivains postcoloniaux véritablement originaux apparaissent avant les années 1930. L'Indien Mulk Raj Anand (1905-2004), disciple de Gandhi et pourfendeur du système des castes, dénonce, à travers une rhétorique aux accents parfois marxistes, les travers de la société traditionnelle dans son roman Untouchable (1935). Le Trinidadien Cyril Lionel Robert James (1901-1989) publie en 1938 The Black Jacobins (Les Jacobins noirs, 1984), étude historique centrée sur le personnage de Toussaint Louverture, qui dirigea la révolte des esclaves haïtiens en 1791. James bouleverse également la bonne conscience de la bourgeoisie antillaise avec son roman Minty Alley (1936) dont l'intrigue est située dans un bidonville. Cet écrivain marxiste va servir de modèle au Jamaïquain Roger Mais (1905-1955) lorsqu'il écrit son roman Brother Man (1954). Les nouveaux hommes de lettres antillais, parfois influencés par l'existentialisme, comme on le voit avec le roman The Children of Sisyphus (1964) du Jamaïquain Orlando Patterson (né en 1940), s'inspirent cependant souvent aussi du mouvement de la Renaissance de Harlem, qui célèbre les valeurs culturelles noires.

Dans la Caraïbe et dans les ghettos nord-américains, des descendants d'esclaves jettent un regard nostalgique sur leurs racines perdues. Marcus Garvey entreprend de « rapatrier » vers l'Afrique tous les candidats au « retour ». L'utopie s'effondre avec la faillite dans les années 1920 de la Black Star Line, compagnie maritime fondée par Garvey pour ramener les Noirs « chez eux ». Cet échec tend à démontrer que, comme le dit un personnage de Sardines (1981), roman du Somalien Nuruddin Farah (né en 1945), « la culture n'est pas un réverbère auquel on peut revenir ».

Dans les années 1930, à la suite de sa compatriote Katherine Mansfield, le Néo-Zélandais F [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 14 pages

Médias de l’article

Orlando Power Station (Afrique du Sud)

Orlando Power Station (Afrique du Sud)
Crédits : Emilie Chaix/ Photononstop

photographie

Nadine Gordimer

Nadine Gordimer
Crédits : Sophie Bassouls/ Sygma/ Getty Images

photographie

Wole Soyinka

Wole Soyinka
Crédits : Keystone-France/ Getty Images

photographie

Zadie Smith

Zadie Smith
Crédits : Beowulf Sheenan/ Opale/ Leemage/ Bridgeman Images

photographie

Afficher les 5 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur émérite, université de Bourgogne, Dijon
  • : professeure des Universités en littérature britannique contemporaine et en littératures postcoloniales à l'École normale supérieure de Lyon, membre de l'Institut universitaire de France

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Pierre DURIX, Vanessa GUIGNERY, « POSTCOLONIALES ANGLOPHONES (LITTÉRATURES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/postcoloniales-anglophones-litteratures/