PORT-ROYAL

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La mère Angélique et la réforme de Port-Royal

C'est en 1204 que le lieu dit Port-Royal, situé dans la vallée de Chevreuse, devint le siège d'un monastère de femmes, de l'ordre de Cîteaux. Ayant traversé le Moyen Âge dans une relative obscurité, ayant cédé peu à peu au relâchement, la maison ne commence à appartenir véritablement à l'histoire qu'avec l'entrée, en 1599, comme coadjutrice d'une abbesse dont elle allait bientôt recueillir la succession, de Jacqueline Arnauld, âgée de huit ans, la future mère Angélique. Épisode qui manifeste une confusion significative entre le spirituel et le temporel. La famille Arnauld professait un catholicisme sincère. Cependant, Antoine, le père, avocat du roi, ne s'était pas fait scrupule de profiter des biens de l'Église et de la faveur d'Henri IV pour établir Jacqueline, ainsi qu'une autre fille, Jeanne, la future mère Agnès, et de tourner par fraude les canons interdisant de nommer une abbesse d'un âge si tendre. Jacqueline, pour sa part, n'éprouvait aucune vocation, et ses premières années de couvent s'écoulèrent dans l'ennui, tempéré par de fréquentes visites de sa famille, qui considérait un peu Port-Royal comme un bien personnel.

Comment ce climat si « mondain » allait-il se transformer ? De l'aspiration à un renouveau religieux qui caractérise le début du xviie siècle, la mère Angélique témoigna d'une manière éclatante. L'abbesse-enfant, devenue adolescente, reçut, au hasard des prédications et des lectures, une bonne formation spirituelle et passa d'une foi routinière à une conviction profonde, accomplissant une de ces « conversions » dont Port-Royal fournira tant d'autres exemples. Femme d'action, douée d'un tempérament énergique, elle se donna pour tâche de rétablir la règle dans une maison qui l'avait oubliée. D'où une longue lutte, souvent épuisante, contre des religieuses attachées à leurs habitudes, et surtout contre sa propre famille, qui, en venant périodiquement s'établir au monastère, violait la règle de la clôture. Lors de la fameus [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur de littérature française à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jean MESNARD, « PORT-ROYAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/port-royal/