POP ART

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le pop art anglais

On cite parfois Francis Bacon comme précurseur du pop art anglais, parce qu'il s'inspira, dès 1949, de reproductions photographiques. Mais il faudrait aussi mentionner Eduardo Paolozzi, Écossais d'origine italienne qui inclut, dès 1947, dans son collage I Was a Rich Man's Plaything (Tate Gallery, Londres), une pin-up, une bouteille de Coca-Cola et le mot « pop ». Cependant, ce ne sont là que signes avant-coureurs, intuitions précoces. L'origine du premier pop art anglais remonte en réalité à la création, en 1952, du séminaire interdisciplinaire de l'Independent Group (I.G.) au sein de l'Institute of Contemporary Art (I.C.A.) de Londres, alors sous l'influence moderniste de Herbert Read, partisan de l'abstraction et du Bauhaus. D'abord connu sous le nom de Young Group, l'I.G. représentait une nouvelle génération en rupture avec les idées de Read et la culture élitiste. Il comprenait, entre autres, le critique Lawrence Alloway et les artistes Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi et William Turnbull. Ce groupe s'intéressait aux effets de la société moderne et de la communication de masse sur la perception du monde et sur l'art. Reproductibilité, « philosophie de l'obsolescence » (Richard Hamilton), design industriel et invention publicitaire caractérisent un nouveau mode de production massive d'images et de formes qui remet en cause les définitions élitistes de la culture et de l'art, au profit de la vision plus anthropologique d'un continuum artistique reliant les « beaux-arts » à ce que Alloway, le premier (dès 1956-1957), appelle le pop art, dans son sens initial d'art populaire de masse. Dans cette perspective, l'artiste doit intégrer l'imagerie pop [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Médias de l’article

James Rosenquist

James Rosenquist
Crédits : Bettmann/ Getty Images

photographie

Andy Warhol et le Velvet Underground

Andy Warhol et le Velvet Underground
Crédits : Herve Gloaguen/ Gamma-Rapho/ Getty

photographie

TwentySix Gasoline Stations, E. Ruscha

TwentySix Gasoline Stations, E. Ruscha
Crédits : Edward Ruscha/ service de presse/ Musée du Jeu de Paume

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

  • : agrégé, docteur de troisième cycle, maître de conférences à l'université de Pau, directeur du Centre intercritique des arts du domaine anglophone

Classification

Autres références

«  POP ART  » est également traité dans :

LES ANNÉES POP 1956-1968 (exposition)

  • Écrit par 
  • Hervé VANEL
  •  • 1 140 mots

En 1962, la Boutique de Ben ou The Store de Claes Oldenburg troublaient à leur manière la mince frontière qui séparait encore galerie et commerce, commerçant et artiste et, finalement, objet d'art et produit de consommation. Depuis lors, ce nouvel évangile de la consommation de masse s'est propagé jusqu'à nous […] Lire la suite

POP ET ROCK

  • Écrit par 
  • Eugène LLEDO
  •  • 1 258 mots

Dans le chapitre « Pop art et pop music »  : […] À partir des années 1960, l'expression « popular art » englobe les manifestations de la culture de masse mais aussi les affiches publicitaires, la télévision, la bande dessinée, le design des produits manufacturés... L'approche esthétique préconisée par le mouvement pop, à la fois ironique et festive, réhabilite en effet ces aspects de la culture populaire. Si le système marchand est souvent criti […] Lire la suite

RÉALISME RETOUR AU

  • Écrit par 
  • Jean CLAIR
  •  • 5 152 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Par-delà le maniérisme : l'exemple de Jim Dine »  : […] Dès les années 1960, le Pop Art et le photoréalisme, ce dernier connu en Europe sous le nom d'hyperréalisme, avaient offert une alternative figurative au primat de l'abstraction. En dépit de leur formalisme, ces deux courants avaient déjà amené quelques peintres à s'interroger sur la nature du procès réaliste et sur le statut de l'image figurative. Par un curieux effet réflexe, ces deux formes de […] Lire la suite

WESSELMANN TOM (1931-2004)

  • Écrit par 
  • Christophe DOMINO
  •  • 952 mots

En empruntant dans sa peinture certains traits à la communication commerciale, et plus encore, en traitant à satiété de l'objet idéal du consommateur moderne – le corps féminin mis au rang de marchandise désirable en même temps que confronté à l'héritage du nu artistique –, en jouant d'une fascination ironique pour la figure de la poupée gonflable et d'une réelle et inventive habileté quant aux qu […] Lire la suite

NOUVEAU RÉALISME

  • Écrit par 
  • Catherine VASSEUR
  •  • 2 605 mots

Dans le chapitre « Les nouveaux réalistes avec Yves Klein et après lui »  : […] Si elles ont pu contribuer à en relativiser l'impact émotionnel, ces arguties ne purent enrayer les effets causés, en juin 1962, par la mort d'Yves Klein sur la cohésion du groupe. Non qu'avec lui Restany ait perdu l'artiste le plus représentatif du Nouveau Réalisme – loin s'en faut. Après leur rencontre, Klein s'était attelé, avec l'énergie obsessionnelle qui le caractérisait, à la mise au point […] Lire la suite

PAOLOZZI EDUARDO (1924-2005)

  • Écrit par 
  • Christophe DOMINO
  •  • 881 mots

C'est en lord – il fut fait Her Majesty's Sculptor in Ordinary for Scotland à soixante-deux ans – qu'a disparu, le 22 avril 2005, Eduardo Paolozzi, né le 7 mars 1924 de parents italiens, près d'Édimbourg en Écosse. L'artiste doit ce titre à son rôle dans l'histoire du pop art en Angleterre, mais aussi à une carrière très remplie d'animateur et d'enseignant, qui l'a conduit à une reconnaissance d […] Lire la suite

ENVIRONNEMENT, art

  • Écrit par 
  • François LOYER
  • , Universalis
  •  • 3 220 mots

Dans le chapitre « Rendre le réel à l'état brut »  : […] Environnement, en effet, est emprunté au vocabulaire du «  pop art » : le jeu de l'environnement consiste à réunir des objets d'usage courant, voire des déchets, dont la simple agglomération constitue l'œuvre d'art. En 1959, le pop art était encore un phénomène typiquement américain, étroitement relié à ses antécédents dadaïstes – notamment Duchamp, et Schwitters avec ses Merzbau . En 1960, lors […] Lire la suite

ALLOWAY LAWRENCE (1926-1990)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 735 mots

Conservateur et critique d'art américain d'origine britannique, Lawrence Alloway a publié de nombreux essais sur l'art populaire. Il est à l'origine dans les années 1950 du terme « pop art » désormais commun, qui désigne aujourd'hui l'« art concernant la culture populaire » et non, comme il le suggérait, l'« art de la culture populaire ». De l'exposition This is tomorrow à la Whitechapel Gallery […] Lire la suite

PEELLAERT GUY (1934-2008)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 952 mots

Peintre, illustrateur, affichiste, photographe, auteur de bande dessinée, Guy Peellaert fut tout cela. Lui-même se définissait comme un « faiseur d'images ». Né le 6 avril 1934 à Bruxelles, il commence une carrière de graphiste dans la publicité. De retour d'un séjour aux États-Unis, où il a rencontré les artistes du Push Pin Studio, il a l'idée de créer une bande dessinée qui serait graphiquemen […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

  • Écrit par 
  • François BRUNET, 
  • Éric de CHASSEY, 
  • Erik VERHAGEN
  • , Universalis
  •  • 13 475 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « De l'influence de l'art conceptuel »  : […] Ces mêmes principes d'unicité, d'indivisibilité, de symétrie et de clarté, souvent teintés de revendications nihilistes, se retrouvent en partie dans le pop art, qui constitue une autre des échappatoires au récit moderniste. Bien que d'origine britannique, le phénomène pop va connaître une expansion et une notoriété sans équivalents aux États-Unis. Ses représentants, plus ou moins dissidents, ceu […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Bertrand ROUGÉ, « POP ART », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pop-art/