POLICE SCIENTIFIQUE

Méthodes biométriques

La technique anthropométrique, proposée par Bertillon, consiste en une énumération méthodique, systématique et précise des éléments descriptifs et invariables des caractéristiques d'un individu qui sont portés sur une fiche signalétique. Le signalement descriptif comporte l'énumération des caractères du visage, des marques particulières et des cicatrices, ainsi que les caractères d'ensemble.

Le portrait parlé, qui constitue le premier élément de ce signalement, est une description analytique des caractères du visage et porte surtout sur la forme, la dimension, l'inclinaison et les particularités des trois parties principales du visage, c'est-à-dire le front, le nez et l'oreille. Bertillon a ainsi regroupé dans un tableau synoptique tous les traits physionomiques qui peuvent être rencontrés. Chaque trait est décrit dans sa forme, sa longueur, sa hauteur ou dans son inclinaison, puis est classé selon une échelle de notation comportant sept degrés. Aux particularités morphologiques s'ajoutent les caractères chromatiques oculaires (iris gauche), et ceux des cheveux et de la barbe.

Le portrait parlé est complété par des signes particuliers tels que cicatrices traumatiques ou chirurgicales, tatouages, déformation congénitale ou acquise. Ces caractères n'ont une valeur signalétique que s'ils sont persistants et immuables.

C'est en 1879 que ce même auteur crée l'anthropométrie, qui repose sur l'étude du morphotype des individus. Les caractères physiques invariables chez l'adulte, pris en compte par Bertillon, sont essentiellement la taille, la longueur de la tête, la largeur maximale de la tête, la longueur du médius gauche et du pied gauche, la grande envergure des bras en croix et la couleur de l'iris gauche. Cette méthode a été employée par l'identité judiciaire de nombreux pays, mais les erreurs de mesure, rendant le classement des fiches difficile, ont amené l'abandon de cette technique au profit de méthodes plus fiables. Toutefois, l'identification de cadavres peut encore faire appel à l'expertise anthropologique.

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Écrit par :

  • : maître de conférences des Universités, praticien hospitalier.
  • : docteur en biologie moléculaire, directeur général du laboratoire Codgène de Strasbourg
  • : professeur de biologie-géologie, membre du conseil d'administration du palais de la Découverte, conseiller pédagogique à l'I.U.F.M. de Versailles

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Pour citer l’article

Bertrand LUDES, Hélène PFITZINGER, Robert GAURENNE, « POLICE SCIENTIFIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/police-scientifique/