SCALDIQUE POÉSIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Thèmes et sujets

Il semble en effet que le principal objet des poèmes scaldiques ait été, sur un schème conventionnel à souhait : « Que l'on fasse silence pour écouter ma parole... je célèbre les hauts faits de X... lui qui a vaillamment combattu à... Il a rassasié le corbeau... Son nom vivra longtemps », de célébrer les hauts faits du prince. Principal, mais non exclusif ni, probablement, premier. D'autres poèmes s'appliquent à décrire amoureusement des objets précieux, boucliers ou tentures, soutenant des mythes ou des légendes héroïques (telle la Ragnarsdrápa de Bragi) ; les poèmes généalogiques, comme l'Ynglingatal du Norvégien Thjód–ólfr inn hvinverski (xe s.), formeront un genre particulier ; plus rares sont les œuvres purement mythologiques (Thórsdrápa d'Eilífr Gud–rúnarson, fin xe s.) ; les épitaphes (erfiljód) se rapprochent davantage du genre laudatif ; enfin, l'inspiration amoureuse et même érotique a produit plus d'un poème de même que la verve satirique. Il existe, en outre, quantité de petites strophes de circonstance ou lausavísur qui vantent un exploit particulier, commentent un incident de la vie du poète, célèbrent un dieu ou tout simplement développent à loisir une belle image : on songe, avec quelque cinq siècles d'avance, aux Grands Rhétoriqueurs. Parmi ces textes, il en est de nombreux qui font partie intégrante des grandes sagas islandaises, dont certaines semblent avoir été écrites à seule fin de les faire valoir (telle Kormáks Saga). Malgré son paganisme évident, le genre survivra à la christianisation du Nord, « Blanc-Christ » et saints remplaçant les Ases, les rois et les héros anciens.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification

Autres références

«  SCALDIQUE POÉSIE  » est également traité dans :

EDDAS

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 3 951 mots

Dans le chapitre « « Edda » et « Eddas » »  : […] Il faut d'abord s'interroger sur la signification du mot edda  : les savants n'ont pu s'accorder sur ce point. Le mot peut provenir du substantif ódr ( furor poétique) et signifier tout simplement la « poétique ». Mais il est plus tentant de voir en lui un cas oblique du substantif Oddi , nom du plus brillant centre culturel d'Islande aux xii e  et xiii e  siècles ; il faudrait considérer alors […] Lire la suite

EDDAS (anonyme) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 855 mots

Dans le chapitre « L'Edda poétique : un creuset de légendes »  : […] On appelle Edda poétique (ce terme admet diverses étymologies, la plus probable renvoyant à l'idée de composer de la poésie) un recueil d'une trentaine de poèmes rédigés selon les règles contraignantes de la poétique scaldique (poésie scandinave), dus à des Islandais mais certainement fondés sur des assises norvégiennes, danoises et pangermaniques. Ces textes rapportent les hauts faits ou les my […] Lire la suite

EGILL SKALLAGRÍMSSON (910 env.-990)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 316 mots

Poète islandais né vers 910 à Borg, mort en 990 à Mosfell. Egill Skallagrímsson est l'un des plus grands scaldes (poètes) islandais. Sa vie mouvementée et son œuvre poétique sont rapportées dans La Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve (vers 1220), attribuée à Snorri Sturluson. Egill y est décrit comme ayant une nature double, héritée de sa double ascendance : d'un côté le caractère franc et ou […] Lire la suite

ISLANDE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Maurice CARREZ, 
  • Édouard KAMINSKI, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN
  •  • 16 479 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « La poésie scaldique »  : […] Née en même temps sans doute que les textes les plus anciens du genre eddique, et qu'elle soit littérature magique, funéraire ou destinée à célébrer un grand de ce monde, la poésie scaldique semble spécifiquement scandinave. Encore qu'elle ait pu exister dès le vi e  siècle, elle n'est attestée pour la première fois qu'au ix e  siècle avec l'œuvre du Norvégien Bragi le Vieux, auteur de la Ragnars […] Lire la suite

MYTHOLOGIES - Dieux des peuples "barbares"

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Pierre-Yves LAMBERT
  • , Universalis
  •  • 8 019 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De la préhistoire à l'âge du fer : la royauté sacrée »  : […] De la préhistoire, on ne peut juger que par reconstitution, à partir de traits obscurs que livrent les textes, islandais surtout, tels que le Landnámabók ou « Livre de colonisation ». Le culte voué aux forces naturelles y éclate et, lorsqu'il se trouve personnifié, c'est sous la forme de géants et de nains, les uns et les autres étant constitutifs des origines du monde, dépositaires de la mémoire […] Lire la suite

NORVÈGE

  • Écrit par 
  • Marc AUCHET, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN
  •  • 24 729 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Les débuts, jusqu'à la Réforme »  : […] Les premiers documents « écrits » remontent au iv e  siècle de notre ère : ce sont les inscriptions runiques égaillées sur tout le territoire norvégien. Simplement commémoratives ou obscurément magiques, concises jusqu'à l'énigme ou hautement élaborées, elles témoignent par leur versification évoluée de l'existence d'une poésie primitive orale de qualité, faite sans doute de proverbes, d'énigmes […] Lire la suite

SCANDINAVIE

  • Écrit par 
  • Martin Edvard BLINDHEIM, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Nicole PÉRIN, 
  • Jean-Michel QUENARDEL
  •  • 22 100 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Vie intellectuelle »  : […] Comme tout le monde germanique, la Scandinavie avait utilisé, depuis le ii e  siècle, l'écriture runique pour des formules laconiques, marques de propriété, dédicaces, incantations. L'extrême intérêt philologique de ces textes, d'ailleurs peu nombreux, ne masque pas l'inaptitude du système à exprimer une pensée élaborée. Une simplification des runes, au ix e  siècle, apporta peu de changements, ma […] Lire la suite

SNORRI STURLUSON (1179-1241)

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 1 376 mots

Depuis huit siècles qu'elle existe, la littérature islandaise n'a jamais compté d'écrivain comparable à Snorri, fils de Sturla de Hvammr. Mythologue, sagnamadr (compositeur de sagas), poète, pédagogue, historien hors pair, il domine de sa puissante stature non seulement ses compatriotes, mais, on peut oser le dire malgré l'ignorance où l'on reste de son œuvre en France, le xiii e  siècle européen. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Régis BOYER, « SCALDIQUE POÉSIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/poesie-scaldique/