PLOTIN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le maître du néo-platonisme

On ne sait rien de sûr quant aux origines de Plotin. Probablement romain, il a dû naître en Égypte, peut-être à Lycopolis (l'actuelle Assiout) en 205. La biographie qu'a laissée Porphyre éclaire davantage sur sa carrière. Âgé de vingt-huit ans, il « s'attache à la philosophie », non à quelque mystérieuse sagesse orientale mais au platonisme éclectique qu'enseignait à Alexandrie Ammonios Saccas. Après onze ans passés auprès de ce maître, Plotin accompagne Gordien III dans une campagne malheureuse contre les Perses. S'il est peu probable qu'il eût connu chez Ammonios le chrétien Origène, il n'a certainement pu rencontrer en Mésopotamie Mani, qui fonda une religion dualiste promise à une vaste extension et qui se trouvait sans doute dans l'armée adverse. Il reste que, d'une certaine façon, le néo-platonisme sera confrontation entre la pensée grecque classique et des mouvements gnostiques plus ou moins apparentés au christianisme (surtout hétérodoxe) et au manichéisme.

Installé à Rome en 247, Plotin est protégé par l'empereur Gallien, qui s'inquiète de la décadence des mœurs et des études et voudrait faire de lui un philosophe officiel. Qu'il ait donné tout son enseignement en grec est caractéristique du temps ; dans la vieille capitale de l'Empire, une école de ce genre ne pouvait être que cosmopolite et ni Amelios ni Porphyre, qui recueillirent et éditèrent les leçons du maître, n'étaient eux-mêmes de souche latine. Directeur de conscience (et tuteur d'orphelins) autant que professeur, Plotin répugnait au cours magistral et, comme Socrate, ne s'exprimait bien que lorsqu'on l'interrogeait. Beaucoup de ses traités partent d'une question posée (souvent sur le sens d'un texte de Platon). Mais au-delà de ces exégèses, parfois extrêmement techniques, « sa fin et son but, dit son biographe, é [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  PLOTIN (205-270)  » est également traité dans :

PLOTIN, en bref

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 186 mots

Instigateur de ce que l'on appellera après lui le « néo-platonisme », Plotin retient avant tout de Platon l'idée de la transcendance absolue du Bien. Édités par son disciple Porphyre, les soixante-trois traités que comportent les Ennéades décrivent les niveaux […] Lire la suite

PLOTIN - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 138 mots

205 D'origine romaine, naissance probable de Plotin à Lycopolis, en Égypte.233 Plotin rencontre Ammonius Saccas, dont il suit l'enseignement dix ans durant, à Alexandrie.245 Début de son enseignement à Rome, d'abord devant un auditoire restreint. […] Lire la suite

DU BEAU, ENNÉADES I, 6 et V, 8, Plotin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Daniel RUSSO
  •  • 962 mots

Plotin (205-270) a cinquante-neuf ans quand il rencontre Porphyre (234-305 env.), qui demeure avec lui pendant six ans et qui, après sa mort, réunit ses œuvres en cinquante-quatre livres, partagés en six Ennéades. Les passages sur le Beau et le Beau intelligible […] Lire la suite

ENNÉADES, Plotin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 843 mots

Les Ennéades (de enneas, le chiffre neuf en grec) ne constituent pas à proprement parler une œuvre de Plotin (205-270), mais la bibliothèque plotinienne : c'est en effet le nom donné au rassemblement par Porphyre, après la mort du maître, de cinquante-quatre traités ou conférence […] Lire la suite

ACTE, philosophie

  • Écrit par 
  • Paul GILBERT
  •  • 1 282 mots

Dans le chapitre « L'acte d'être »  : […] La tradition philosophique dit cependant plus habituellement que l'énergie contamine l'entéléchie, que l'être suit l'agir. Nous avons vu comment cette articulation se présentait déjà d'une certaine manière chez Aristote, de qui Thomas l'a reçue ; elle a été retenue surtout par le néo-platonisme, qui constitue une autre de ses sources. Pour Plotin, l'être suit l'agir, car il est énergie, mouvemen […] Lire la suite

ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 11 115 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « La fin de l'Antiquité »  : […] Comme il est arrivé plusieurs fois dans l'histoire de la philosophie, le découragement sceptique et la facilité éclectique ont été suivis d'une vigoureuse renaissance spéculative, dont l'école platonicienne va être le foyer. Certes, les platoniciens du i er  siècle de notre ère, dont le plus célèbre est Plutarque (45-125), ne s'élèvent pas au-dessus d'un dualisme bien-pensant, teinté de religiosit […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et philosophie

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 5 451 mots

Dans le chapitre « L'architecture des philosophies, de Platon à Hegel »  : […] Le premier volet de notre enquête nous a révélé la fragilité de l'union des deux mots, archè et tektonikos , qui composent l'« architecture » en elle-même : vécue « de l'intérieur », dans la mémoire de la langue. Et donc posée comme susceptible de susciter sa propre philosophie. Mais qu'en pensent les philosophes ? L'investigation doit ici, semble-t-il, se dédoubler. D'une part, il existe des phi […] Lire la suite

ASCÈSE & ASCÉTISME

  • Écrit par 
  • Michel HULIN
  •  • 4 663 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'ascétisme en Grèce »  : […] L' ascétisme a joué un grand rôle dans certaines des écoles philosophiques de la Grèce ancienne. On distinguera ici une tradition dualiste de l'ascèse- purification et une tradition « réaliste » de l'ascèse comme retour à la nature. La première remonte au pythagorisme et à l' orphisme. C'est la tradition du corps-tombeau ( sôma =  sêma ) à laquelle Platon a donné ses lettres de noblesse dans le […] Lire la suite

DÉCADENCE

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 9 959 mots

Dans le chapitre « La mutation des formes »  : […] Ce n'est pas dans les ateliers chrétiens que s'est d'abord produit le recul de l'esthétique classique, mais indépendamment du christianisme qu'a commencé de décliner l'art d'imiter objectivement l'apparence des êtres. La dissolution de la forme anatomique, la diminution de la rigueur formelle, la préférence donnée à l'expression sur la correction, au pathétique sur l'équilibre, à la couleur sur la […] Lire la suite

ÉGLISE, architecture

  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
  •  • 8 040 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'Église triomphante et l'architecture aulique »  : […] Il est difficile de porter un jugement sur les lieux où les premiers chrétiens se réunissaient pour célébrer l'Eucharistie. Les témoignages, rares, ne sont pas suffisamment évocateurs pour affirmer l'existence d'une architecture chrétienne. Le culte était célébré dans des maisons individuelles pour échapper aux regards indiscrets et éviter toute difficulté. Les découvertes de Doura Europos, en Syr […] Lire la suite

Pour citer l’article

Maurice de GANDILLAC, « PLOTIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/plotin/