PLÉIADE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Du centre à la périphérie

Ce qui brouille les pistes, c'est le chiffre sept qui ne correspond qu'à un symbole. En regardant de près la structure et le fonctionnement de cette microsociété, on s'aperçoit qu'il existe en son centre un noyau dur, irréductible à tous les changements, et formé de ceux que Claude Binet, après la mort de Ronsard, désigne sous le nom d'« heureux triumvirat » : Ronsard, Baïf et Du Bellay. Ceux-là forment vraiment un groupe homogène. Ce sont des hommes de l'Ouest, originaires d'un territoire exigu, compris entre le Maine et la vallée du Loir. Ils ont tous les trois fait leurs études au collège Coqueret où ils ont été formés par Jean Daurat, et proviennent de la même classe sociale de petits hobereaux de province progressivement ruinés par une inflation qui commence à se faire sentir à partir des années 1540, et qui ne cessera de s'accélérer par la suite. Enfin, tous les trois ont choisi Paris pour point d'ancrage, même si l'exil romain a éloigné Du Bellay pendant quelques années.

Autour de ce noyau premier, on dénombre plusieurs cercles concentriques dont les rapports avec le centre sont de nature différente. Et d'abord le premier cercle, le collège Coqueret qui représente pour nos trois jeunes provinciaux un lieu d'inspiration et d'émulation grâce à l'extraordinaire pédagogue que sut être Daurat, dont la personnalité charismatique les a tous marqués. Il faut relire le témoignage étonnant qu'est Le Folâtrissime Voyage d'Arcueil pour se rendre compte de ce que pouvaient être à cette époque la familiarité avec le maître et l'incitation à l'improvisation poétique. Parmi les camarades de collège de l'heureux triumvirat, il y en a au moins un, Nicolas Denisot, qui restera quelques temps dans les eaux de la Pléiade. Mais il n'écrira que des poésies religieuses et se consacrera, finalement, à la peinture. D'autres, tels le gentilhomme breton René d'Urvoy, Claude de Lignerie, Berger de Montembeuf, et le médecin Des Mireurs, ne son [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages


Écrit par :

  • : ancien professeur à l'université de Berkeley, professeur émérite à l'université de Manchester, fondateur de l'Institut collégial européen

Classification


Autres références

«  PLÉIADE  » est également traité dans :

LES AMOURS, Pierre de Ronsard - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Yvonne BELLENGER
  •  • 890 mots

Le titre Les Amours désigne chez Ronsard une série de publications qui vont de ses débuts littéraires à la fin de sa vie. Célébrant Cassandre, Marie, puis Hélène, il invente un lyrisme qui renouvelle la poésie amoureuse. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-amours/#i_1982

ANAGRAMME, littérature

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 346 mots

Les avatars de l'anagramme fournissent le paradigme des changements de fonction de nombreux artifices linguistiques : désacralisée par les auteurs antiques, elle devient plus tard un jeu littéraire, recouvre sa nature ésotérique, puis recommence une nouvelle carrière littéraire. La transposition des éléments constitutifs d'un segment de la langue doué de sens en vue de la production d'un autre seg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anagramme-litterature/#i_1982

BAÏF JEAN ANTOINE DE (1532-1589)

  • Écrit par 
  • Hubert HARDT
  •  • 646 mots

Poète français qui fit partie de la Pléiade. Dans Défense et illustration de la langue française , Joachim du Bellay cite « ces deux lumières françoyses, Guillaume Budé et Lazare de Baïf ». Fils naturel de ce dernier, Jean Antoine bénéficia d'une éducation humaniste hors pair. Il fut confié dès le berceau à Ange Vergèce et à Charles Estienne, à huit ans à Jacques Toussaint, p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-antoine-de-baif/#i_1982

BELLAY JOACHIM DU (1522-1560)

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 3 527 mots

Joachim du Bellay n'a jamais eu à subir, comme Ronsard et Villon, un purgatoire de trois siècles avant d'être réhabilité en grande pompe. Il n'a jamais tout à fait cessé d'avoir des lecteurs, même à l'époque où tout ce qui était antérieur à Malherbe paraissait a priori suspect aux gens de goût. Mais on peut se demander s'il a été servi ou desservi par ce privilège insolite. Car l'absence de contes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joachim-du-bellay/#i_1982

BELLEAU RÉMY ou REMI (1528-1577)

  • Écrit par 
  • Hubert HARDT
  •  • 437 mots

Poète français appartenant à la Pléiade. Né à Nogent-le-Rotrou dans un site champêtre, Rémy Belleau vint à Paris comme précepteur de Charles de Lorraine et résida jusqu'à sa mort en l'hôtel de Guise. Intelligent sans surcharge d'érudition, il était avant tout « un homme qui plaisait ». Il fut l'ami sans nuage de Ronsard et l'on sait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/belleau-remy-ou-remi/#i_1982

BLASON, littérature

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 535 mots

Courant dès le xii e siècle, le terme de blason s'emploie à l'origine avec la signification de : discours, conversation, description, explication, propos. Vers la fin du xv e siècle, c'est aussi une sorte de poésie, qui décrit minutieusement, sur le mode de l'éloge ou de la satire, un être ou un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/blason-litterature/#i_1982

COQUERET COLLÈGE DE

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 336 mots

Fondé en 1418 sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris par Nicolas Coquerel ou Coqueret, le collège de Coqueret reste obscur jusqu'à ce que, à la rentrée de 1547, Jean Dorat y soit nommé professeur, et sans doute principal : il devient dès lors le berceau de ce qu'on appellera la Pléiade. Autour de Dorat sont rassemblés un grand nombre d'étudiants, et surtout un petit groupe d'internes, parmi lesq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/college-de-coqueret/#i_1982

DES MASURES LOUIS (1515 env.-1574)

  • Écrit par 
  • Françoise JOUKOVSKY
  •  • 646 mots

Auteur de tragédies sacrées, Louis Des Masures précède Ronsard de quelque dix années, et sa jeunesse se déroule grâce à son protecteur Jean de Lorraine dans le milieu humaniste de la cour de François I er , où gravitent des poètes traducteurs de textes anciens. Il travaille lui-même à une translation de L'Énéide , et ses premiers essais poétiques se s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-des-masures/#i_1982

DORAT ou DAURAT JEAN DINEMANDI dit JEAN (1508-1588)

  • Écrit par 
  • Édouard GUITTON
  •  • 371 mots

Humaniste et poète français. D'origine limousine, il abandonnera le nom familial de Dinemandi (dîne-matin) pour celui de Dorat (ou en latin auratus , d'où les innombrables jeux de mots sur sa bouche d'or et ses vers dorés). Il fait de solides études à Paris, devient l'un des meilleurs hellénistes de l'époque et l'un des poètes néo-latins les plus appréciés. En 1544, Lazare de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dorat-daurat/#i_1982

FOYERS DE CULTURE

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 9 694 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre «  Le collège de Coqueret : la lecture des Anciens à la lumière de l'esprit nouveau »  : […] Arrêtons-nous d'abord sur l'exemple du collège universitaire du xvi e  siècle, véhicule d'idées nouvelles à l'intérieur d'une institution conservatrice. Non que l'autonomie du collège à l'intérieur de l'université ait été une innovation : l'hypertrophie du collège aux dépens de la Faculté a commencé dès le xiv […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/foyers-de-culture/#i_1982

FRANCE (Arts et culture) - La langue française

  • Écrit par 
  • Gérald ANTOINE, 
  • Jean-Claude CHEVALIER, 
  • Loïc DEPECKER, 
  • Françoise HELGORSKY
  •  • 15 783 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les conquêtes du langage »  : […] Évoquer l'étape médiévale de cette vaste carrière, c'est déjà embrasser une période fort longue, riche et complexe, et se prêtant mal à des mises en facteur commun. La poésie épique avait non point seulement ses règles de prosodie, mais ses canons de lexique, de tours et de figures. De même la poésie lyrique : toutefois, si nombreux qu'en soient les fruits, on n'a guère le droit d'avancer que leur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-la-langue-francaise/#i_1982

JODELLE ÉTIENNE (1532-1573)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 507 mots

Poète et dramaturge français, l'une des gloires — mais la plus méconnue — de la Pléiade, Jodelle est aussi musicien, peintre, architecte, orateur et « vaillant aux armes ». Élève de Muret au collège de Boncourt, il fait jouer dès l'âge de vingt ans une pièce, Eugène , première tentative pour créer une comédie nationale. Jodelle semble avoir écrit une autre comédie, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etienne-jodelle/#i_1982

LAMENTATION, genre littéraire

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 877 mots

Composition par laquelle le poète met en forme le topos du regret et du deuil à l'occasion d'un départ, d'une mort ou d'une calamité publique. Qu'il parle en son nom ou au nom de la communauté entière, il doit convertir l'émotion en mots, sans cesse renouvelés et cependant conformes à la tradition, car la douleur, elle, est toujours identique à elle-même. Cette « habitude po […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lamentation-genre-litteraire/#i_1982

LYONNAIS POÈTES

  • Écrit par 
  • Ian Dalrymple McFARLANE
  •  • 2 110 mots

Dans le chapitre « Du pétrarquisme à la poésie amoureuse »  : […] Les circonstances n'étaient pas propices à la survivance de ce groupe ; en outre, à Lyon, la poésie en langue maternelle allait prendre les devants, et cela grâce à des écrivains qui appartenaient à la ville ou à la région. Le premier et le plus grand est sans doute Maurice Scève. Mais, jusqu'à un certain point, les débuts de la Pléiade s'associent également à Lyon : Pontus de Tyard y publie des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/poetes-lyonnais/#i_1982

MURET MARC-ANTOINE (1526-1585)

  • Écrit par 
  • Françoise JOUKOVSKY
  •  • 657 mots

Humaniste français, fils d'un juriste, Marc-Antoine Muret commence en province — selon un itinéraire encore mal connu — une brillante carrière de professeur. Parmi ses élèves figure Montaigne au collège de Guyenne. Le voici ensuite à Paris, au collège de Boncourt, et il contribue de 1551 à 1553 à révéler les textes anciens à Rémi Belleau ou Étienne Jodelle. En 1554, une accusation de sodomie le co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marc-antoine-muret/#i_1982

PELETIER DU MANS JACQUES (1517-1582)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 637 mots

Poète français, mais aussi grammairien, mathématicien et médecin, esprit mobile et curieux, bouillonnant d'aspirations et d'idées. Un peu plus âgé que Ronsard et que Du Bellay, il fait la connaissance du premier puis du second avant même qu'ils n'entrent au collège de Coqueret, et leur prodigue ses conseils. Il préside ainsi aux origines de la Pléiade ; il sera en contact constant avec le groupe, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-peletier-du-mans/#i_1982

PÉTRARQUE

  • Écrit par 
  • Vittore BRANCA, 
  • Françoise JOUKOVSKY
  •  • 5 489 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La diffusion du pétrarquisme en France »  : […] Phénomène européen, le pétrarquisme fait montre en Italie, en France ou en Angleterre d'une même complexité. Il se caractérise d'un côté par un succès qui en fait une mode, et qui impose un renouvellement constant – le pétrarquisme assagi des Rime (1530) de Bembo différant par exemple des recherches sophistiquées des quattrocentistes –, et d'un autre côté par des crises d'an […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/petrarque/#i_1982

PONTUS DE TYARD ou THIARD (1521-1605)

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 738 mots

Poète de l'école lyonnaise, ami intime de Maurice Scève, Pontus de Tyard (ou de Thiard) est né dans une riche famille bourguignonne, qui compte plusieurs hauts dignitaires royaux. Destiné dès l'enfance à l'Église — Fernand Mazade écrit « qu'il fut, presque de naissance, chanoine de la cathédrale de Mâcon » —, il commença pourtant de très bonne heure à écrire des poèmes. Ce n'est toutefois qu'en 15 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pontus-de-tyard-thiard/#i_1982

RONSARD PIERRE DE (1524-1585)

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 2 913 mots

« C'est plus grand que Virgile et ça vaut Goethe », disait Flaubert de l'œuvre de Ronsard . Précisons qu'il la lisait dans une édition des Œuvres complètes – ce que nos contemporains font rarement –, après s'être aperçu que les anthologies vous privaient du meilleur : « Les plus belles choses en sont absentes. » Depuis cette époque, rien n'a changé. Ronsard est toujours sous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-de-ronsard/#i_1982

SAINT-GELAIS MELLIN DE (1491-1558)

  • Écrit par 
  • Catherine TRESSON
  •  • 360 mots

Fils naturel ou neveu du rhétoriqueur Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême, Mellin de Saint-Gelais fit dans sa jeunesse un voyage en Italie (Bologne, Padoue) et fut un des introducteurs de l'italianisme en France. Ordonné prêtre, il devint aumônier du dauphin et bibliothécaire de François I er . Poète de circonstance, favori du roi, organisateur des plaisirs de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mellin-de-saint-gelais/#i_1982

SEBILLET THOMAS (1512?-1589)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 154 mots

Avocat au parlement de Paris, qui s'est fait un nom dans les lettres par plusieurs traductions et quelques opuscules, mais surtout par la publication, un peu moins d'un an avant la Deffence et illustration de la langue françoise de Du Bellay, du premier art poétique de la littérature française : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-sebillet/#i_1982

SONNET

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 1 042 mots

Poème à forme fixe de quatorze vers répartis en quatre strophes, le sonnet tient dans la littérature européenne, et notamment française, une place extrêmement importante. On sait qu'« un sonnet sans défaut vaut seul un long poème » (Boileau), et qu'il suffit d'un sonnet pour rendre célèbre un écrivain (Arvers) ou pour ridiculiser un personnage de comédie (Oronte). Sans doute élaboré en Sicile au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sonnet/#i_1982

VAUQUELIN DE LA FRESNAYE JEAN (1536-? 1607)

  • Écrit par 
  • Françoise JOUKOVSKY
  •  • 683 mots

Ce poète normand, né à Falaise, fait ses études à Paris et en province, notamment à Poitiers, où il publie ses Foresteries (1555). C'est le premier recueil de bucoliques françaises qui corresponde aux principes de la Pléiade. Vauquelin imite en effet Théocrite, Virgile ou Sannazaro, et salue comme des guides Ronsard et Baïf. Il doit au premier le cadre de certains poèmes, un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-vauquelin-de-la-fresnaye/#i_1982

Voir aussi

Pour citer l’article

Gilbert GADOFFRE, « PLÉIADE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pleiade/