PLAGIAT

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Une notion à géométrie variable

Étymologiquement, le terme plagiat vient du grec plagios, « oblique », « rusé ». Cependant, le plagiaire (plagiarius), dans la Rome antique, désignait un voleur non pas de mots mais d’esclaves ou d’enfants destinés à l’esclavage. Le plagiaire était condamné au fouet par la loi Fabia de plagiariis. On a cru à tort qu’il existait dès l’Antiquité une loi qui protégeait les auteurs. Or aucune législation ne sévissait dans ce domaine, seules l’opinion et la réprobation morale. Cette erreur d’interprétation fut renforcée par l’emploi dans un sens métaphorique du mot « plagiaire » par le poète latin Martial, quand il compare ses vers – qu’un certain Fidentinus lui avait dérobés – à ses propres enfants.

Au Moyen Âge, peu d’œuvres mentionnaient le nom de leur auteur. L’œuvre était souvent le fruit d’un travail collectif et le commerce des livres était perpétué par des moines copistes, à la fois érudits et auteurs. Pour cette raison, Michel Schneider, dans Voleurs de mots. Essai sur le plagiat, la psychanalyse et la pensée (1985), précise que « ce serait un pur anachronisme d’assimiler la copie à un plagiat ». L’imitation jouait alors son plein rôle spirituel.

Le grand changement intervient au milieu du xve°siècle, lorsque l’imprimerie met les ouvrages entre toutes les mains, aussi promptes à plagier qu’à dénoncer. À la décharge des pilleurs, rappelons que les œuvres des Anciens, redécouvertes au xvie siècle, offrent une proie idéale aux écrivains pour lesquels écrire, c’est souvent traduire : Marot se fait traducteur de Martial, Ronsard d’Horace ou d’Anacréon… Quant aux emprunts bien connus de Rabelais et de Montaigne, ils relèvent davantage d’une tradition d’imitation qui place les auteurs sous l’autorité des Anciens. Ainsi, Montaigne se comportait en parfait humaniste : la citation, plus ou moins déguisée ou avouée, était un hommage rendu aux Anciens, référence à l’autorité. Rien qui doive cependant se substituer à sa propre pa [...]

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Pour citer l’article

Hélène MAUREL-INDART, « PLAGIAT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/plagiat/