BRUEGEL L'ANCIEN PIETER (1525 env.-1569)

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L'un et le multiple

Proverbes, jeux d'enfants, travaux de Babel, Bruegel aime en un seul tableau embrasser l'inépuisable. Il aime les séries, Vices ou Vertus, succession des « mois » : Les Chasseurs dans la neige, La Journée sombre, La Fenaison, La Moisson, La Rentrée des troupeaux. Il est, avec le même bonheur, le peintre des hivers et celui des moissons, celui du Triomphe de la Mort et des plaisirs d'enfance, des plaines et de la mer, des montagnes, des siestes et des naufrages. Et pareillement : le peintre du colossal et de l'infime, montrant en même temps l'énormité de La Tour de Babel et la miniature de ses mille et une besognes. Son art est populaire, franc, évident ; mais non moins savant, allusif, secret : s'il se plaît à déployer, aux yeux de tous, le plus vaste paysage, parfois, presque imperceptible, c'est un détail qui donne, à qui sait lire, la clef de toute la composition.

La Moisson, Bruegel l'Ancien

Photographie : La Moisson, Bruegel l'Ancien

Pieter Bruegel l'Ancien, «La Moisson», 1565. Huile sur toile, 118 cm × 163 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York. Dans le cycle de saisons, ce tableau symbolise les mois d'août et de septembre. 

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La Rentrée des troupeaux, Bruegel l'Ancien

Photographie : La Rentrée des troupeaux, Bruegel l'Ancien

Pieter Bruegel l'Ancien, «La Rentrée des troupeaux», 1565. Huile sur bois, 117 cm × 159 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. Ce tableau qui fait partie d'un cycle de saisons, symbolise les mois d'octobre et de novembre. 

Crédits : AKG

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Ce n'est pas simple goût du multiple et du divers, et désir de la totalité du monde. Cette universalité a pour principe une pure méditation de la vie et de la mort.

D'une part, le cortège de la misère humaine : ce sont les fous des Proverbes, les Mendiants estropiés, les Aveugles de la chair et de l'esprit. Universelle infirmité qui culmine dans le Triomphe de la Mort : l'immense armée macabre peuple toute la terre et s'empare des vifs ; et chacun porte la mort en soi.

Le Triomphe de la mort, Bruegel l'Ancien

Photographie : Le Triomphe de la mort, Bruegel l'Ancien

Pieter Bruegel l'Ancien, «Le Triomphe de la mort», vers 1562. Détail. Huile sur bois, 117 cm × 162 cm. Musée du Prado, Madrid. 

Crédits : AKG

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Triomphe de la mort à quoi s'oppose le triomphe de la vie, qui est alliance de l'homme et de la terre. Cette alliance se scelle par le Travail, le Repos, la Fête. Le travail essentiel est celui de la terre. La peine qu'il donne, le repos la récompense : repos des terres sous la neige, sommeil heureux et repas des moissonneurs. La fête majeure, et toute contraire à la mort, c'est la Noce, clef de toutes les alliances humaines (Le Repas de noces, La Danse des paysans). Repas de noces dans la grange : au mur, le râteau et les gerbes croisées. Autour de la table, tous sont conviés : jeunes et vieux, fermiers et notables. Dehors, la musique fera danser et tourner les couples. Mais cette [...]

La Danse des paysans, Bruegel l'Ancien

Photographie : La Danse des paysans, Bruegel l'Ancien

Pieter Bruegel l'Ancien, «La Danse des paysans», vers 1568. Huile sur bois, 114 cm × 164 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. 

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La Moisson, Bruegel l'Ancien

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La Rentrée des troupeaux, Bruegel l'Ancien

La Rentrée des troupeaux, Bruegel l'Ancien
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Le Triomphe de la mort, Bruegel l'Ancien
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Pour citer l’article

Claude-Henri ROCQUET, « BRUEGEL L'ANCIEN PIETER (1525 env.-1569) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pieter-bruegel-l-ancien/