PIERRE LOMBARD (1100 env.-1160)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Pierre Lombard et l'essence de la charité

Comparée à celle de son contemporain Abélard par exemple, l'œuvre de Pierre Lombard paraît peu originale. C'est le cas non seulement des commentaires qu'il nous a laissés sur les Psaumes et sur les épîtres de saint Paul ou de ses Sermons, d'ailleurs longtemps attribués à d'autres, mais aussi de ses Sentences elles-mêmes qui eurent pourtant une si grande influence sur l'histoire des théologies du Moyen Âge et jusqu'au début des Temps modernes. Ce succès tint précisément sans doute au souci que le « Maître », dans un genre littéraire déjà éprouvé, avait eu de rester fidèle (relator plutôt qu'assertor) à la tradition, augustinienne en particulier. L'ouvrage, il est vrai, rencontra d'abord une certaine hostilité, notamment de la part de Robert de Melun, de Géroch de Reichersberg, de Gauthier de Saint-Victor. L'opposition s'organisa alors autour de la question d'un certain « nihilisme christologique » que soutenait le Lombard d'après une thèse d'Abélard, et qui fut finalement condamné par Alexandre III en 1177. Mais l'enseignement du Maître des Sentences s'imposa peu à peu, spécialement grâce à ses successeurs dans la chaire de théologie de la Cité, Pierre le Mangeur puis surtout Pierre de Poitiers ; et il fut officiellement reconnu par Innocent III au IVe concile du Latran (1215), à propos des « erreurs » trinitaires de Joachim de Flore : « Damnamus ergo et reprobamus libellum seu tractatum quem Abbas Ioachim edidit contra Magistrum Petrum Lombardum [...]. Nos autem, sacro approbante Concilio, credimus et confitemur cum Magistro Petro Lombardo... ».

La thèse lombardienne qui demeure la plus célèbre et qui fut le plus longtemps débattue est cependant celle par laquelle le Maître identifie la charité avec le Saint-Esprit lui-même (Sentences, Livre I, distinction xvii) : l'amour par lequel nous aimons Dieu n'est pas une vertu comme la foi et l'espérance, mais l'Esprit divin [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  PIERRE LOMBARD (1100 env.-1160)  » est également traité dans :

ALEXANDRE DE HALÈS (1185 env.-1245)

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 943 mots

Originaire de Hayles (Halès en français), dans le comté de Gloucester, Alexandre de Halès, premier franciscain à enseigner à l'Université de Paris, y fut d'abord un des principaux maîtres séculiers. Il était bachelier sententiaire entre 1120 et 1126. Outre ses Questiones disputate antequam esset frater , on connaît sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-de-hales/#i_12775

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 22 370 mots

Dans le chapitre « « Ordo disciplinae » »  : […] L'apparition d'une science médiévale de l'interprétation est réglée par un certain nombre de transformations qui, à partir des années 1150, font passer le discours de l'assimilation des données philosophiques et théologiques de la période tardo-antique à la production de langages, de méthodes et de problèmes nouveaux : au niveau des techniques pédagogiques, le passage de la lectio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_12775

PRÉVOSTIN DE CRÉMONE (fin XIIe-déb. XIIIe s.)

  • Écrit par 
  • Jean RIBAILLIER
  •  • 1 563 mots

L'un des premiers chanceliers à Paris de l'université naissante et l'une des figures maîtresses de la fin du xii e siècle, Prévostin de Crémone est représentatif d'une époque où la société chrétienne est internationale. Issu d'une obscure famille lombarde, il étudie la logique, le droit, peut-être à Bologne, et la théologie sans doute à Paris, so […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/prevostin-de-cremone/#i_12775

SCOLASTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 2 983 mots

Dans le chapitre « Formes, textes et méthodes »  : […] L'analyse de la scolastique et de son esprit peut partir très simplement de l'examen des formes (littéraires et intellectuelles) qui lui sont propres. Ces formes sont signalées par des titres qui reviennent continuellement dans les catalogues des œuvres scolastiques : commentaires, questions disputées, questions quodlibétales, sommes. Toutes ont un soubassement et une inten […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/scolastique/#i_12775

Pour citer l’article

Jean RIBAILLIER, Charles BALADIER, « PIERRE LOMBARD (1100 env.-1160) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-lombard/