PIERRE DE CORTONE (1596-1669)

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Le peintre des Barberini

Pietro Berrettini, dit Pietro da Cortona ou en français Pierre de Cortone, du nom de sa ville natale en Toscane, entre tout jeune dans l'atelier du peintre florentin Andrea Commodi qui lui inculque les premiers rudiments de l'art ; il semble bien que, dès cette époque, il ait commencé à se livrer à une véritable activité picturale. Il accompagne Commodi à Rome en 1612, et reste avec lui pendant deux ans avant de rejoindre l'atelier de Baccio Ciarpi. Rome est alors le siège d'une intense activité artistique, sous l'impulsion du pape Paul V et de son neveu Scipion Borghese, activité qui imprime un cours nouveau au goût de l'époque. Pierre travaille assidûment à reproduire les œuvres de l'Antiquité (il dessine en particulier les reliefs de la colonne Trajane) ; parmi les modernes, il est séduit surtout par les décorations de Polidoro da Caravaggio. C'est de ce premier séjour romain que datent les fresques de la villa Arrigoni à Frascati, celles de la galerie du palais Mattei di Giove (1622-1623), les copies de la Vierge du Titien (Capitole, Rome) et de la Galatée de Raphaël (galerie de l'académie de saint Luc, Rome) et le Serment de Sémiramis (collection Mahon, Londres), œuvres qui signalent déjà clairement l'apparition d'une nouvelle expression. Mais sa première réalisation d'envergure est sans doute la décoration d'une partie de la nef de Sainte-Bibiane, exécutée de 1624 à 1626 pour satisfaire une commande d'Urbain VIII. Ces diverses expériences établissent la renommée de Pierre de Cortone, qui est reçu dans le cercle du cardinal Barberini et inaugure, à partir de 1626, une période d'intense activité. C'est alors qu'il exécute différents retables : l'Apparition de la Vierge à san Romualdo (musée de Toledo, États-Unis), la Vierge à l'Enfant avec quatre saints dans l'église Saint-Augustin à Cortone et le célèbre Enlèvement des Sabines (pinacothèque du Capitole, Rome), ainsi que la décoration de la villa de Castelfusano, propriété de ses protecteurs, les marquis Sacchetti. Dans ces fresques et ces peintures qui annoncent le courant néo-vénitien, Pierre affirme avec netteté son style : refus délibéré de tout accent réaliste et distribution égale de la lumière sur toute la surface de l'œuvre, excluant toute valorisation de tel ou tel détail. En raison de la position dominante qu'il s'est conquise à Rome, Pierre de Cortone est chargé d'exécuter le plus important projet pictural de l'époque : la décoration du plafond du palais Barberini, dans la via Quattro Fontane à Rome (1631-1639). Le motif, conçu par Francesco Bracciolini, était ainsi formulé : « Le triomphe de la Divine Providence et l'accomplissement de ses fins à travers le pouvoir spirituel du pape. » Les grandes abeilles couronnées de laurier indiquent que le pouvoir temporel et spirituel appartenait aux Barberini. Dans l'image grandiose, unitaire et apologétique du plafond Barberini, il est permis de découvrir le symbole le plus propre à servir et à exalter une des tendances fondamentales du xviie siècle : la glorification du pouvoir temporel, correspondant à l'exaltation de l'absolutisme monarchique. Avec la décoration de la voûte du palais Barberini, Pierre de Cortone atteint le point culminant de son évolution artistique et de sa carrière. Mais les sept années durant lesquelles il se consacra à cette tâche n'en furent pas moins occupées aussi à d'autres réalisations : à l'église de San Lorenzo in Damaso, sur la voûte de la sacristie de la Chiesa nuova, dans la chapelle privée d'Urbain VIII dans les appartements anciens du Vatican.

Plafond du palais Barberini, P. de Cortone

Photographie : Plafond du palais Barberini, P. de Cortone

Plafond du palais Barberini, à Rome, peint par Pietro da Cortona, ou Pierre de Cortone (1596-1669). 

Crédits : Bridgeman Images

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En 1637, Pierre de Cortone accompagne le cardinal Sacchetti à Florence ; là, à la demande du grand-duc Ferdinand II, il entreprend la décoration de la « sala della Stufa » (chambre du Poêle) au palais Pitti ; ce sont les Quatre Âges de l'Humanité (1637-1641), quatre fresques qui constituent une de ses œuvres les plus inspirées.

De retour à Rome, Pierre de Cortone exécute pour Barberini une Extase de saint Alexis (galerie Corsini, Florence). En 1640, il retourne à Florence et reçoit commande de décorer sept pièces (ultérieurement ramenées à cinq) au premier étage du palais Pitti. Il se met au travail en 1641, et le poursuit jusqu'en 1647, exécutant la décoration des trois salles de [...]

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Vénus en chasseresse apparaît à Énée, P. de Cortone

Vénus en chasseresse apparaît à Énée, P. de Cortone
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Plafond du palais Barberini, P. de Cortone

Plafond du palais Barberini, P. de Cortone
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Écrit par :

  • : professore libero docente di storia dell'arte medievale e rinascimentale
  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Giuliano BRIGANTI, Claude MIGNOT, « PIERRE DE CORTONE (1596-1669) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-de-cortone/