PHYTOCHROME

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La découverte du phytochrome

Ce pigment fut découvert et nommé en 1952 par deux chercheurs du département d'agriculture de Belstville (Maryland), l'un biologiste, H. A. Borthwick, l'autre physicien, S. B. Hendricks, qui eurent l'idée de rapprocher les effets de la lumière sur deux processus apparemment sans rapport : la germination des semences de laitue et la mise à fleur de la lampourde (plante de la famille des Asteraceae).

Les graines de nombreuses espèces ne peuvent germer que si elles ont été exposées plus ou moins longtemps à la lumière ; elles sont dites à photosensibilité positive (d'autres, plus rares, sont à photosensibilité négative). En 1935, Flint et McAlister avaient observé que la germination des semences de laitue était stimulée par le rouge clair (dans le spectre visible) mais inhibée par le rouge lointain (proche de l'infrarouge).

Quelque dix ans plus tard, en 1946, Borthwick et Hendricks relevèrent une pareille opposition d'effet entre les deux gammes de rouge sur la mise à fleur de la lampourde. Cette espèce manifeste pour sa floraison une sensibilité au photopériodisme (durée relative du jour et de la nuit) particulièrement nette. Elle ne peut fleurir en effet que si la nuit est assez longue (elle fleurit à l'automne). C'est donc une plante de jours courts : un seul jour trop long (plus de 15 h) inhibe sa floraison. Mieux encore, si la nuit est interrompue par un éclair de quelques instants, la floraison est également inhibée.

Cette dernière propriété fut mise à profit par Borthwick et Hendricks pour rechercher avec précision quelles devaient être les caractéristiques de cet éclair (longueur d'onde et énergie appliquée) pour qu'il inhibe la floraison de lampourdes par ailleurs aptes à fleurir. Ils constatèrent que l'efficacité maximale de l'éclair se produit pour une longueur d'onde de 630 nm (rouge clair), où il suffit d'un éclairement (en photons) d'environ 1 micromol/m2. En revanche, une application ultérieure d'un éclair de longueur d'onde un peu plus élevée (720 nm) lève l'inhibition et rétabli [...]


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Lampourde : contrôle de la floraison

Lampourde : contrôle de la floraison
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Phytochrome : chromophore

Phytochrome : chromophore
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Spectres d'absorption

Spectres d'absorption
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Écrit par :

  • : laboratoire de physiologie cellulaire et moléculaire des plantes, U.M.R. 7180, C.N.R.S., université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : professeur honoraire de physiologie végétale à l'université de Paris-VII, membre de l'Académie d'agriculture
  • : professeur honoraire à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Jean-Pierre BOULY, René HELLER, Émile MIGINIAC, « PHYTOCHROME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytochrome/