PHYSIOLOGIE ANIMALE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Distinguer et hiérarchiser les fonctions de l’organisme

La science physiologique de Claude Bernard se caractérise avant tout par une méthode expérimentale assujettie à une hypothèse, mais de façon transitoire, tant que les faits expérimentaux sont en accord avec elle. Cette méthode est celle décrite par le physiologiste dans l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865). Elle est très différente des modes antérieurs de constitution de la connaissance physiologique, qui énonçaient comme principes initiaux des considérations théoriques posées a priori, telles que la théorie grecque des humeurs, et à partir desquelles on construisait des explications, validées selon le point de vue des médecins, par la récolte de données cliniques et expérimentales choisies, sans recherche de contre-exemples, d’hypothèses alternatives, et surtout sans remettre en cause des cadres théoriques et des croyances fondamentales. De tels cadres théoriques vont persister jusque vers les premières décennies du xixe siècle. Le changement, assez rapide au demeurant, vient de l’emploi systématique de l’expérimentation, auquel on associe justement Claude Bernard.

Pour Georges Canguilhem, la nouveauté de la physiologie bernardienne réside en ce qu’elle s’élabore d’abord, en théorie et en pratique, autour de concepts centraux, issus de découvertes initiales de Claude Bernard lui-même sur la formation du glucose par le foie et sa sécrétion dans le sang. Ainsi, le concept de « sécrétion interne » (celle du sucre dans le sang) aboutit à celui de « milieu intérieur » (le sang), aux constantes caractéristiques, par exemple le taux de glucose dans le sang (1g/l). La voie de Bernard est alors d’élargir sa méthode afin de comprendre, par les moyens physico-chimiques et l’expérimentation sur l’animal vivant (la vivisection), les fonctions physiologiques des organes, les mécanismes par lesquels elles sont contrôlées (régulation) et le rôle des éléments cellulaires : la n [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages



Médias de l’article

Albert Dastre

Albert Dastre
Crédits : BIU Santé Médecine, Paris, cote : CIPB0068

photographie

André Vésale

André Vésale
Crédits : AKG-images

photographie





Écrit par :

Classification


Autres références

«  PHYSIOLOGIE ANIMALE  » est également traité dans :

PHYSIOLOGIE ANIMALE (histoire de la notion)

  • Écrit par 
  • Georges CANGUILHEM
  •  • 4 775 mots
  •  • 4 médias

Aristote avait nommé « physiologues » les philosophes grecs présocratiques qui avaient proposé une explication générale de la nature des choses par le recours à quelque élément fondamental (eau, air, feu) ou à quelque composition d'éléments. De là, initialement, la dénomination de physiologie pour toute spéculation sur la nature en général, dénomination maintenant abandonnée au profit de celle de […] Lire la suite

CIEL SYMBOLISME DU

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 2 865 mots

Dans le chapitre « Verticalité et transcendance »  : […] C'est d'abord le symbolisme de la verticalité que suggèrent « la voûte étoilée au-dessus de nos têtes » et le simple zénith du ciel azuré diurne. Cette verticalité ascendante est liée à l'une des données les plus caractéristiques de l'anthropologie, mais en même temps elle dépasse en dignité et en puissance cette donnée existentielle. Les anthropologues, les paléontologues, les psychologues génét […] Lire la suite

GAYON JEAN (1949-2018)

  • Écrit par 
  • Laurent LOISON
  •  • 1 256 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Gayon et l’épistémologie historique »  : […] L’intérêt de Gayon pour l’histoire des concepts tendrait au contraire à le rapprocher du « style français » en histoire et philosophie des sciences, souvent résumé sous le vocable fortement polysémique d’« épistémologie historique » et dont les figures principales furent successivement Gaston Bachelard, Georges Canguilhem et Michel Foucault. Cependant, si lui-même aimait à dire, au cours des dern […] Lire la suite

HYPNOSE

  • Écrit par 
  • Léon CHERTOK
  •  • 3 523 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les théories en présence »  : […] Les théories sur l'hypnose se répartissent en trois tendances, inspirées respectivement par la physiologie, la psychologie expérimentale et la psychanalyse. Les théories physiologiques sont centrées sur les rapports entre le sommeil et l'hypnose considérée par les pavloviens comme un sommeil partiel. Dans le sommeil normal, l'écorce cérébrale est inhibée, mais cette inhibition laisse pourtant sub […] Lire la suite

MÉMOIRES POUR SERVIR À L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX

  • Écrit par 
  • Stéphane SCHMITT
  •  • 1 426 mots

Dans le chapitre « Une anatomie animale fondée sur une conception mécaniste du vivant »  : […] Ces Mémoires ont été conçus par un petit groupe d’académiciens, tous médecins, qui ont décidé de se tourner vers un sujet encore assez peu connu, quoiqu’il commence à susciter de l’intérêt, à savoir l’anatomie des animaux. Le plus célèbre de ces personnages est Claude Perrault (1613-1688), qui est également architecte (il est connu notamment pour avoir contribué, parmi d’autres, à la conception d […] Lire la suite

POISSON-ZÈBRE ou DANIO RERIO

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre LEVRAUD
  •  • 2 411 mots
  •  • 5 médias

Le danio zébré ( Danio rerio ) est un petit poisson d’eau douce , vif et joliment rayé. Courant en aquariophilie de loisir, il est devenu un organisme modèle majeur pour la recherche biomédicale, grâce aux travaux pionniers de Georges Streisinger (université d’État de l’Oregon) dans les années 1970. Les chercheurs emploient surtout son nom anglais, zebrafish , devenu « poisson-zèbre » en français […] Lire la suite

THÉORIE CELLULAIRE

  • Écrit par 
  • Stéphane SCHMITT
  •  • 3 637 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Premières observations et réflexions sur les constituants du vivant jusqu’en 1800 »  : […] On fait parfois remonter les prémices de la théorie cellulaire à la fin du xvii e  siècle. C’est en effet à cette époque que plusieurs observations importantes furent réalisées à l’aide du microscope. Ce dernier avait été inventé vers 1610 (à peu près en même temps que le télescope), mais ne fut véritablement exploité que quelques décennies plus tard. Ainsi, en 1665, le savant anglais Robert Hook […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Gaël BARBARA, « PHYSIOLOGIE ANIMALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/physiologie-animale/