PHOTOGENÈSE, biologie

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Principaux organismes lumineux

Le règne végétal et le règne animal comportent de nombreuses espèces lumineuses ; on se bornera à commenter quelques exemples.

Végétaux

Des bactéries lumineuses saprophytes sont communes dans toutes les mers. Elles se développent aisément sur les cadavres de poissons, de divers invertébrés, et envahissent parfois des individus vivants (Amphipodes par exemple). D'autres espèces prolifèrent sur des viandes, charcuteries, etc., auxquelles elles confèrent une luminescence de surface diffuse et continue, déjà remarquée par Aristote. Ce sont aussi des bactéries qui illuminent les organes lumineux de certains Poissons et Céphalopodes ; elles vivent en symbiose, dans de vivantes éprouvettes de culture.

La luminescence de feuilles et bois morts, éventuellement de racines, fruits, etc., phénomène qui se développe parfois sur des surfaces considérables en forêt tropicale humide, est due en général non à des bactéries, mais au mycélium lumineux de champignons. Quelques Basidiomycètes ont des carpophores lumineux : c'est le cas de divers polypores, armillaires, omphales, mycènes et, dans le bassin méditerranéen, de l'agaric de l'olivier (Pleurotus olearius).

Invertébrés

Dans le domaine zoologique, on connaît des formes lumineuses depuis les Protozoaires jusqu'aux Poissons inclus, dans treize des vingt-cinq phylums majeurs.

Les Protistes lumineux appartiennent soit aux Radiolaires (exclusivement marins), soit aux Dinoflagellés marins. Lorsque les conditions écologiques sont favorables, ils peuvent former des populations considérables (marées rouges). Une perturbation mécanique telle que le brassage de l'eau par un bateau ou un poisson en nage stimule leur luminescence. Ce sont des Péridiniens, le plus souvent, qui rendent la mer « lumineuse », d'une constellation d'éphémères points brillants. Les noctiluques, qui atteignent 1 mm de diamètre, sont communes sur les rivages français. Depuis le mémoire classique que Jean-Louis de Quatrefages leur a consacré, en 1850, ces Dinoflagellés, dont la culture est possible en laboratoire, ont fait l'objet de nombreux travaux.

Les Cnidaires sont particulièrement riches en formes lumineuses, polypes comme méduses : la méduse Pelagia noctiluca, les Siphonophores sont des types pélagiques, tandis que divers Anthrozoaires comme Pennatula, Pteroides sont fichés dans les vases du plateau continental.

Les Annélides polychètes s'éclairent de bien diverses façons. En retournant des pierres découvertes par la marée, de nuit, on provoque souvent des saccades de lumière, provenant du panache de tentacules d'une petite Annélide, Polycirrus. Les Lagisca, fréquentes dans la zone de balancement des marées, ont le dos recouvert d'une double rangée de pièces plates comme des boucliers, facilement caduques, qui s'insèrent par l'intermédiaire d'un étroit pédoncule ; on nomme « élytres » ces organes. Une excitation provoque l'illumination d'une portion bien délimitée des élytres ; ce phénomène se propage ensuite d'avant en arrière. Les Chétoptéridés qui vivent enfouis dans des tubes sécrètent un mucus luminescent. En haute mer, les Tomopteris planctoniques portent, sous chacun de leur parapode nageur, un organe lumineux complexe. Les célèbres « vers de feu », ou palolos, sont des Syllidiens : leur bioluminescence n'apparaît que chez les formes nageuses, dites épitoques, au moment de la maturité génitale, et joue certainement un rôle dans la pariade sexuelle.

Hormis les Céphalopodes, il existe fort peu de Mollusques photogènes. Quelques espèces de Nudibranches, comme Tethys ou Phillirhoe, sont typiquement pélagiques. Chez les Gastéropodes pulmonés on connaît seulement deux espèces lumineuses : Latia neritoides, qui vit sous les pierres, dans les torrents de Nouvelle-Zélande, sécrète un mucus lumineux ; Dyakia striata, Stylommatophore terrestre du Sud-Est asiatique, illumine rythmiquement, toutes les secondes environ, une zone ovalaire située à la partie antérieure de son pied, avec d'autant plus d'intensité que l'animal est plus jeune, car l'organe lumineux, l'un des massifs glandulaires du pied, régresse puis di [...]

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Jean-Marie BASSOT, « PHOTOGENÈSE, biologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/photogenese-biologie/