PHILON D'ALEXANDRIE (20 av. J.-C. env.-45)

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Philon le Juif et ses œuvres

Philon naquit à Alexandrie dans une riche famille juive. Un de ses frères, Caius Julius Alexander, possesseur d'une immense fortune, prêta des sommes importantes à la famille des Hérodes. Membre d'une aristocratie juive privilégiée, Philon, son œuvre le montre, reçut une éducation complète, juive et hellénistique. Il était un notable de la communauté israélite d'Alexandrie, comme en témoigne l'événement le plus marquant de sa vie : en 39-40, il fut envoyé par ses coreligionnaires auprès de Caligula à la tête d'une délégation ; il s'agissait d'intervenir auprès de l'empereur sur la question irritante des effigies impériales dans les synagogues et de négocier un statut politique des Juifs. Pendant cette mission mouvementée, où éclata la nouvelle que Caligula voulait faire élever sa statue au temple de Jérusalem, Philon fit preuve de courage et de fidélité au judaïsme. On ignore tout de ses dernières années.

Bien qu'écrites en grec, les œuvres de Philon sont toujours citées sous leur titre latin. Il est difficile de les classer suivant un genre déterminé. Certaines sont plus historiques et apologétiques : In Flaccum (contre le gouverneur Flaccus, qui avait favorisé un soulèvement populaire contre les Juifs d'Alexandrie), Legatio ad Caium (ambassade auprès de Caligula), Apologia pro Judaeis (qui contient une notice sur les esséniens), De vita Mosis, De vita contemplativa (sur les thérapeutes). D'autres écrits sont plus philosophiques : Quod omnis probus liber sit (où quelques pages traitent des esséniens), De aeternitate mundi, De Providentia, Alexander. Mais la plus grande partie de l'œuvre de Philon est exégétique ; elle comprend trois ensembles de commentaires du Pentateuque : l'Exposition de la Loi (De opificio mundi, De Abrahamo, De Josepho, De Decalogo. De specialibus legibus, De virtutibus, De praemiis et poenis), le Commentaire allégorique de la Loi (Legum allegoriae, De cherubim, De sacrificiis, Quod deterius, De posteritate Caini, De gigantibus, De ebrietate, De sobrietate, Quod Deus immutab [...]


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Annie JAUBERT, « PHILON D'ALEXANDRIE (20 av. J.-C. env.-45) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/philon-d-alexandrie/