PHILOLOGIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'Antiquité

Dès le vie siècle avant notre ère se marque, dans le monde hellénique, le besoin d'authentifier et d'expliquer les grandes œuvres de la tradition poétique, spécialement celles d'Homère. D'où l'élaboration de gloses, scolies et paraphrases, auxquelles s'ajoutent bientôt les analyses de la rhétorique. Cet ensemble de recherches et de spéculations, dont les sophistes établirent les fondements, reçut le nom de ϕιλολογ́ια dérivé de ϕιλ́ολογος, proprement « amateur de mots ». La Rhétorique et surtout la Poétique d'Aristote peuvent être considérées comme des produits de cette première « philologie ». La doctrine y prend corps. Elle sera pratiquée et développée dès lors par les lettrés et les grammairiens plutôt que par les philosophes. Mais c'est à partir du iiie siècle avant J.-C. que l'épuisement de la veine créatrice de la poésie grecque entraîne une valorisation du passé et de la philologie, dont celle-ci profite pour s'émanciper et conquérir son indépendance. Cette transformation s'opère dans les cercles de lettrés groupés autour des bibliothèques qu'ont réunies les Attalides à Pergame et surtout les Ptolémées à Alexandrie. Les plus grands philologues des iiie et iie siècles sont les bibliothécaires d'Alexandrie, comme Zénodote et Aristarque : ils s'attachent surtout à retrouver, dans la masse des variantes et des gloses, la forme authentique des textes littéraires ; ce faisant, ils en fournissent une exégèse reposant sur l'histoire, la géographie, la mythologie. Dès le iie siècle, des Grecs importent cette science à Rome (où le grec ϕιλ́ολογος sera traduit le plus souvent par grammaticus). Au ier siècle avant J.-C., Varron fournit, spécialement dans son De lingua latina, une somme philologique latine qu'on exploitera jusqu'à la fin de l'Antiquité. Cependant, assez tôt, les travaux philologiques perdent leur originalité, tendent à la compilation encyclopédique, en marge des auteurs classiques. L [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

  • : ancien professeur aux universités d'Amsterdam, de Paris-VII, de Montréal

Classification

Autres références

«  PHILOLOGIE  » est également traité dans :

AMPÈRE JEAN-JACQUES (1800-1864)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 330 mots

Historien et philologue français né le 12 août 1800 à Lyon, mort le 27 mars 1864 à Pau. Fils du physicien André-Marie Ampère, Jean-Jacques Ampère se consacre à l'étude des origines culturelles des langues et mythologies de l'Europe occidentale. Il entreprend son premier voyage en Allemagne en 1826, où ses travaux font forte impression sur Goethe. Son étude de la mythologie scandinave lui permet […] Lire la suite

ARABE (MONDE) - Littérature

  • Écrit par 
  • Jamel Eddine BENCHEIKH, 
  • Hachem FODA, 
  • André MIQUEL, 
  • Charles PELLAT, 
  • Hammadi SAMMOUD, 
  • Élisabeth VAUTHIER
  •  • 29 287 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le modèle oriental »  : […] En vérité, il était difficile de lutter contre l'influence de Bagdad, qui s'exerçait par l'intermédiaire des pèlerins et des voyageurs d'un côté, des immigrés en Espagne de l'autre. Parmi ces derniers, le plus célèbre est Ziryāb (173-243/789-857) qui, arrivé à Cordoue en 206/821, y introduisit la musique irakienne et, en matière de soins corporels, de vêtements, de cuisine ou d'usages mondains, l […] Lire la suite

ARISTARQUE DE SAMOTHRACE (220-143 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Alain LABROUSSE
  •  • 175 mots

Critique et grammairien grec, remarqué pour sa contribution aux études homériques. Aristarque se fixa à Alexandrie où il fut un élève d'Aristophane de Byzance et devint, en ~ 153, directeur de la Bibliothèque. Plus tard, il se retira à Chypre. Il fonda une école de philologues (qui recevront, après sa mort, le nom d'aristarchiens) et fleurit longtemps à Alexandrie et, plus tard, à Rome. Cicéron et […] Lire la suite

BIBLE - L'étude de la Bible

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 6 431 mots

Dans le chapitre « Causes et effets du renouveau biblique »  : […] Depuis l'Antiquité chrétienne, le fait biblique considéré du point de vue quantitatif ou littéraire avait été limité au problème disciplinaire puis dogmatique du canon des Écritures. La Bible ne fut en effet longtemps que la somme organique des livres dont la « liste », ou canon , s'était trouvée définie par l'Église. À partir du concile de Trente, ce canon fut déclaré « règle de foi », le texte l […] Lire la suite

BOLLACK JEAN (1923-2012)

  • Écrit par 
  • Denis THOUARD
  •  • 1 198 mots

Né à Strasbourg en 1923, Jean Bollack a rendu à la philologie, comprise comme étant non seulement l'étude des textes anciens, mais aussi la réflexion sur leur compréhension, sa dimension cognitive et critique. Formé à l'université de Bâle dans la grande tradition de la philologie allemande, il en reprend l'exigence de rigueur et de scientificité en l'alliant à une conscience de la modernité, en pa […] Lire la suite

BOPP FRANZ (1791-1867)

  • Écrit par 
  • Louis-Jean CALVET
  •  • 538 mots

Né à Mayence, Franz Bopp étudie à Paris de 1812 à 1816 (le persan, l'arabe, l'hébreu, le sanskrit), puis à Londres de 1816 à 1820. Il est le fondateur de la méthode comparative en linguistique. Son ouvrage, Le Système de conjugaison du sanscrit comparé avec celui des langues grecque, latine, persane et germanique, etc. ( Über das Konjugationssystem der Sanskritsprache in Vergleichung mit jenem de […] Lire la suite

BRUNSCHWIG JACQUES (1929-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 263 mots

Historien de la philosophie. Né à Paris, Jacques Brunschwig fait ses études au lycée Carnot et au lycée Henri-IV avant d'entrer à l'École normale supérieure en 1948. Agrégé de philosophie en 1952, ce cousin de Pierre Vidal-Naquet va s'orienter vers l'histoire de la philosophie antique sous la direction, notamment, de Pierre-Maxime Schuhl, Maurice de Gandillac et Victor Goldschmidt. Il soutient en […] Lire la suite

BUDÉ GUILLAUME (1468-1540)

  • Écrit par 
  • Marie-Madeleine de LA GARANDERIE-OSTERMAN
  •  • 2 838 mots

Dans le chapitre « La ferveur des études »  : […] Guillaume Budé représentait en son temps un type nouveau d'écrivain, non point clerc, mais laïque, homme marié et père d'une famille nombreuse, préoccupé de l'administration de ses biens (sa maison de la rue Saint-Martin à Paris, ses maisons de campagne), assumant diverses responsabilités publiques au milieu desquelles il réussit difficilement, mais obstinément, à ménager le temps de l'étude. Il é […] Lire la suite

CASSIN BARBARA (1947- )

  • Écrit par 
  • Jean-Baptiste GOURINAT
  •  • 997 mots
  •  • 1 média

Philosophe qui travaille sur le pouvoir du langage, Barbara Cassin est une spécialiste de la philosophie antique, et notamment des présocratiques, de la sophistique et d’Aristote . Elle s’est fait connaître d’un public plus large par ses travaux sur la traduction. Ce parcours, tout entier consacré à l’étude de ce que peut la langue, l’a amenée à être élue à l’Académie française le 3 mai 2018. Le 2 […] Lire la suite

CHADWICK JOHN (1920-1998)

  • Écrit par 
  • Pierre CARLIER
  •  • 1 091 mots

Après avoir commencé des études de philologie classique à Cambridge, John Chadwick fut employé quelque temps pendant la Seconde Guerre mondiale par les services secrets de la marine britannique à Alexandrie chargés de décrypter les messages italiens. Cette expérience a joué un grand rôle dans sa formation. John Chadwick a souvent souligné qu'un code secret finissait toujours par « craquer », pourv […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul ZUMTHOR, « PHILOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/philologie/