PHÉNOMÉNOLOGIE DE L'ESPRIT, Georg Wilhelm Friedrich HegelFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'Absolu comme sujet

Hegel part des difficultés que, selon lui, la philosophie critique de Kant n'a pu résoudre : sujet et objet demeurent irrémédiablement séparés, si bien que le sujet reste simplement à l'extérieur de l'être. Réconcilier savoir et absolu, telle est la tâche qu'il se donne. Il faut donc dépasser le strict point de vue de la représentation afin de penser, de façon organique, les rapports entre pensée et être. « Le vrai est le tout. Mais le tout n'est que l'essence s'achevant par son développement. » De même, les figures de la conscience (de la plus immédiate à la plus complexe, de la « certitude sensible » au « savoir absolu ») ne sont que les moments d'un processus total, englobant, qui, seul, est vrai. Cette totalité est à penser en tant que « système » – « le savoir n'est effectif et ne peut se trouver présenté que comme science ou comme système » – et non pas comme agglomérat de figures juxtaposées selon des modalités extérieures à leur propre devenir. « Appréhender et exprimer le vrai non comme substance, mais précisément comme sujet », tel est le projet que Hegel définit dans la Préface au livre, écrite après sa rédaction. Le sujet dont il est ici question n'est pas celui, empirique ou transcendantal, de la représentation (le moi), mais l'Absolu lui-même. La Phénoménologie de l'esprit se veut donc l'auto-déploiement de la vérité se révélant progressivement dans l'élément de la conscience. Il est important de souligner que les diverses figures de la conscience ne se déploient pas de façon linéaire ou mécanique mais selon un mouvement négatif (négativité) qui est au cœur même de ce que Hegel appelle « dialectique ». Chaque figure n'existe que par rapport à la précédente qu'elle nie, tout en conservant en elle ce qu'elle a de vivant. Figure qui, à son tour, sera dépassée en une autre, selon un mouvement qui est la totalité elle-même s'auto-déployant.

[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  PHÉNOMÉNOLOGIE DE L'ESPRIT, Georg Wilhelm Friedrich Hegel  » est également traité dans :

ALIÉNATION

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 7 998 mots

Dans le chapitre « De Hegel à Marx »  : […] Dans la Phénoménologie de l'esprit, qui termine la phase des écrits de jeunesse et inaugure la série des grandes œuvres spéculatives, cette aliénation-malheur est incorporée au processus entier des figures par lesquelles doit passer la conscience humaine pour s'éduquer à la véritable vie de l'esprit, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alienation/#i_31345

SUBSTANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 5 343 mots

Dans le chapitre « Hegel »  : […] constituent la « substance éthique » ; le pouvoir de l'État est la « substance simple, résolue dans sa richesse ») ; pourtant, si l'on dégage le noyau de tous ces sens, si l'on va à l'essentiel et si l'on s'attache surtout aux dernières pages de la Phénoménologie sur le savoir absolu (ces pages permettant l'unification de la Phénoménologie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/substance/#i_31345

Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « PHÉNOMÉNOLOGIE DE L'ESPRIT, Georg Wilhelm Friedrich Hegel - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/phenomenologie-de-l-esprit/