PHALLUS

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De l'Antiquité à l'historiographie moderne

Phallus en promenades solennelles

Si, par sa racine indo-européenne, le substantif grec phallos évoque un gonflement, il désignait, dans son sens le plus ancien, le pénis en érection et, plus souvent, sa représentation. D'autres mots, le grec aïdoïa et le latin pudenda (à la fois « les parties honteuses » et « ce pour quoi on a de la révérence ») signifiaient aussi bien, pour les deux genres, l'organe sexuel anatomique ou figuré. Cela, même si le phallus peut être dans un état de flaccidité, dans le cas de figurations de personnages comiques ou grotesques et sur certaines amulettes magiques.

Attribut faisant corps avec une figure au sexe érigé, ithyphallique comme Pan, Hermès, Priape ou un satyre, le phallus pouvait aussi être isolé de toute anatomie. Il devenait alors l'objet privilégié de certaines cérémonies. C'est dans l'environnement d'un Dionysos rustique, et de ses fêtes d'hiver, qu'Aristophane met en scène un cortège qui promène le phallus en procession. Ces phallophories s'accompagnaient de chants phalliques qu'Aristote imaginait composés par les premiers auteurs de comédies.

Au cours d'un grand cortège dionysiaque offert par Ptolémée II Philadelphe, pour célébrer la fin de la première guerre de Syrie, parmi ces chars géants qui exhibaient les richesses et les merveilles de l'Inde et d'Arabie, se trouvait un énorme phallus en or de cent quatre-vingts pieds de long. À son extrémité était une étoile en or, d'un périmètre de neuf pieds.

Phallus en promenades solennelles, statuettes dont on pouvait articuler, à l'aide de cordes, un membre viril disproportionné, porteurs de phallus déclamant des cantiques, acteurs ithyphalliques portant un masque d'ivrogne ou dansant, toutes ces festivités illustrent, parmi d'autres, les relations fréquentes entre le phallus et Dionysos, maître de la vigne et puissance qui gère les excès de la fête.

C'est à la rancune de Dionysos que certains récits attribuaient l'origine des [...]


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Pour citer l’article

Claude CONTÉ, Maurice OLENDER, Moustapha SAFOUAN, « PHALLUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/phallus/