EISENMAN PETER (1932- )

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Penser l’architecture

L’œuvre d’Eisenman n’est pas uniquement construite ou écrite, elle est aussi en grande partie académique et universitaire. Au-delà de l’examen minutieux des grandes figures de l’histoire de l’architecture, Peter Eisenman a élaboré sa logique créative en grande partie à partir de la pensée philosophique contemporaine, et plus particulièrement celle, relative aux structures du langage et à la logique du sens, que l’on trouve chez Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Noam Chomsky et aussi, dans une moindre mesure, chez Michel Foucault, Sigmund Freud et Ferdinand de Saussure. Il a également convoqué les travaux de certains théoriciens de l’art, en particulier ceux de Rosalind Krauss, dans les années 1970. Sa démarche, qu’il nomme dès 1969 « architecture conceptuelle », mais qu’il désignera plus tard comme « architecture post-instinctuelle » ou « architecture post-sémiotique », entend ouvrir la création architecturale à d’autres prolongements plus autonomes par rapport à la notion de sujet et d’objet. Ses hypothèses théoriques cherchent avant tout à réformer les mécanismes et les principes sur lesquels la pensée du projet d’architecture s’est établie et transmise, au moins depuis la Renaissance : soit l’idée qu’un objet architectural peut être un véhicule pour un phénomène de présence à travers une organisation de signes qui représentent ou qui symbolisent un ordre « transcendant » dans sa forme ou dans son fonctionnement. Eisenman écrit dès 1977 : « Mon architecture ne représente rien et ne commente rien, elle ne renvoie qu’à elle-même, elle est le signe d’elle-même et de sa propre apparition. »

Peter Eisenman

Photographie : Peter Eisenman

Photographie

Dans ses œuvres comme dans ses nombreux écrits, Peter Eisenman développe une critique de l'architecture telle qu'elle a pu être pensée depuis la Renaissance. Ici, l'acte de construire ne se fonde plus sur une transcendance religieuse ou politique. Il se donne plutôt comme un système de... 

Crédits : Sean Gallup/ Getty Images News/ AFP

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Au cours des différentes périodes de travail d’Eisenman, il est possible de distinguer plusieurs modes de croisements, opérés au sein de ses processus de conception de projets, entre d’une part des « objets » théoriques qui proviennent souvent de champs extérieurs à celui de l’architecture – la philosophie, l’histoire, la linguistique ou la psychanalyse –, et d’autre part des motifs plastiques ou graphiques, principal [...]

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Écrit par :

  • : docteur en philosophie de l'art et en théorie architecturale, architecte, maître de conférences des Universités

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Dans le chapitre « Le néo-rationalisme »  : […] Le mouvement néo-rationaliste italien, dit Tendenza, qui s'est épanoui pendant la dernière décennie, est, semble-t-il, une tentative pour sauver l'architecture des contraintes de la consommation, pour l'empêcher d'être complètement minée, en tant que discours, par les forces techniques et économiques envahissantes de la mégalopolis. Ce rappel à la raison eut pour point de départ la publication de […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alexis MEIER, « EISENMAN PETER (1932- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-eisenman/