BROOK PETER (1925- )

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Après quelques spectacles remarqués, le directeur du nouveau Festival Shakespeare le convie à Stratford où il monte Peines d'amour perdues (1945-1946), en affichant déjà son intérêt pour les œuvres dites « secondaires » de Shakespeare, rarement jouées à l'époque. Il se libère de l'autorité du plan de mise en scène préalablement établi pour se fier aux rapports directs avec les comédiens et renouveler le processus d'élaboration du spectacle. Lors de ce travail, où Shakespeare renvoie à Watteau, s'amorce une réflexion sur les « correspondances » qui se poursuit, en 1947, avec Roméo et Juliette où le metteur en scène évoque Giotto, puis, en 1950, avec Mesure pour mesure où il s'inspire de l'univers de Bosch et de Breughel. Passionné et actif, Peter Brook s'attache aussi à la mise en scène d'opéra et réalise un retentissant Boris Godounov, donné à Covent Garden en 1948.

Adoptant un parti pris d'éclectisme, il présente successivement des auteurs aussi divers que Sartre, André Roussin, Dostoïevski ou Anouilh... Après un Hamlet (1955, pièce à laquelle il reviendra en 2000 avec La Tragédie d'Hamlet), qui est l'occasion d'une tournée triomphale à Moscou, Brook s'impose la même année, avec un spectacle qui est considéré comme son premier chef-d'œuvre, Titus Andronicus de Shakespeare, dont la cruauté extrême apparaît telle une sorte de reflet du monde moderne. Brook met en évidence la violence de l'œuvre en utilisant la « musique concrète », à peine affirmée à l'époque. Il révèle aussi la « fluidité cinématographique » de Titus dont il explore l'extraordinaire noirceur. Puis il alterne les registres et passe d'une comédie musicale, Irma la douce (1959) d'Alexandre Breffort sur une musique de Marguerite Monnod, au Balcon (1960) de Jean Genet, où il réunit pour la première fois une distribution hétéroclite qui rassemble des acteurs amateurs et des professionnels, des comédiens noirs et blancs, véritable imago mundi. À l'époque, Brook se montre atte [...]


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Sa Majesté des mouches, film de Peter Brook (1963)

Sa Majesté des mouches, film de Peter Brook (1963)
Crédits : Two Arts/ CD/ The Kobal Collection/ Picture Desk

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Battlefield, mise en scène de Peter brook et Marie-Hélène Estienne

Battlefield, mise en scène de Peter brook et Marie-Hélène Estienne
Crédits : Caroline Moreau

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Écrit par :

  • : professeur d'études théâtrales à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Georges BANU, « BROOK PETER (1925- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-brook/