PÉRUGIN (1448-1523)

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Peintre ombrien ou peintre de l'Ombrie ?

Pérugin est né en Ombrie à Città della Pieve. Pérouse, la capitale, lui donne le surnom sous lequel il est connu. C'est là qu'il a son premier atelier ; il peint pour les nobles et les marchands de la ville, pour les moines de Saint-Pierre et ceux de Saint-Augustin ; les magistrats le chargent de la décoration du Collegio del cambio ; les dernières années de sa vie s'écoulent dans sa petite patrie. Les noms des villes ombriennes jalonnent son existence : à Corciano, il représente l'Assomption, et à Panicale le martyre de saint Sébastien ; il travaille à Trevi (Santa Maria delle Lacrime), à Spello (Santa Maria Maggiore), à Fontignano et à Montefalco.

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Saint Sébastien, Pérugin

Diaporama : Saint Sébastien, Pérugin

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Pietro Vannucci dit Pérugin (1448-1523), Saint Sébastien. Vers 1490. Huile sur bois. 176 cm X 116 cm. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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L'Ombrie n'est cependant pas seulement le lieu de son activité ; elle est plus encore sa peinture même. Les paysages de Pérugin, avec leurs « ciels d'or luisants » sur lesquels se détachent des personnages doucement extasiés, ont formé pour toujours l'image d'une Ombrie de convention qui s'identifie au peintre qui porte le nom de sa capitale.

Mais les campagnes de Giotto, plantées de petits cyprès durs et d'oliviers légers, les villes de Benedetto Bonfigli, avec leurs palais carrés et « l'entassement des cubes et des tours », ne sont-elles pas plus proches de la réalité que les rochers bleutés, les saules dorés et les eaux courantes – plus rêvés que vécus – de Pérugin ? La vérité de la douce Ombrie, c'est aussi l'architecture austère de Spolète et de Gubbio, les cités déchirées par les factions rivales, la leçon exigeante d'un saint François d'Assise. L'Ombrie serait-elle prisonnière de Pérugin et le peintre ne souffrirait-il pas d'être enfermé dans les étroites frontières d'une province ?

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Saint Sébastien, Pérugin

Saint Sébastien, Pérugin
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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Madone à l’enfant, Pérugin

Madone à l’enfant, Pérugin
Crédits : Courtesy National Gallery of Art, Washington

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Noëlle de LA BLANCHARDIÈRE, « PÉRUGIN (1448-1523) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/perugin/