PERCEPTION DU TEMPS

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L’estimation du temps

Du fait de l’absence de récepteur sensoriel du temps, les chercheurs ont envisagé plusieurs solutions pour rendre compte de l’estimation du temps chez l’être humain. Selon la première, celui-ci utiliserait des indices externes. S’il compte, la durée serait déterminée par le nombre d’unités comptées. S’il ne compte pas, son estimation serait alors fondée sur le traitement d’indices non temporels tirés de son environnement (quantité, mouvement), ou de l’analyse de sa propre activité ou de celle d’autrui (fatigue ressentie, effort fourni, état émotionnel). Faire deux fois le tour d’un pâté de maisons demande effectivement moins de temps que d’en faire trois fois le tour. Le temps écoulé pour effectuer un déplacement est également plus court à grande qu’à faible vitesse. Si l’on effectue une activité fatigante ou difficile, ce serait donc la fatigue ressentie ou l’effort cognitif fourni qui déterminerait le jugement temporel.

La deuxième solution, envisagée plus tardivement, est que l’humain utiliserait des indices internes produits par son cerveau (impulsions, oscillateurs neuronaux) pour mesurer le temps. Les chercheurs ont alors imaginé un système dit d’horloge interne, consulté de façon consciente (jugement explicite du temps) ou inconsciente (jugement implicite du temps). Cette horloge interne cérébrale fournirait donc une mesure du temps qui passe. Selon les approches théoriques, on trouve donc des expériences où les chercheurs ne fournissent aucun repère externe – ils demandent seulement aux sujets d’évaluer l’intervalle temporel entre deux bips ou la durée d’un simple stimulus (une figure sur un écran d’ordinateur, par exemple) – et d’autres au cours desquelles ils présentent de nombreux indices externes dans l’intervalle temporel. Pendant celui-ci, les sujets devront alors effectuer une activité plus ou moins difficile ou assister au déplacement d’un objet à des vitesses variables (stimulus) avant d’estimer le temps écoulé.

De nos jours, la psychologie s’oriente vers une troisième solution plus intégrative suivant laquelle l’être humain re [...]


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Écrit par :

  • : professeure des Universités en psychologie, Laboratoire de psychologie sociale et cognitive, CNRS, UMR 6024, université Clermont-Auvergne, Clermont-Ferrand

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«  PERCEPTION DU TEMPS  » est également traité dans :

DÉVELOPPEMENT DU TEMPS, psychologie

  • Écrit par 
  • Sylvie DROIT-VOLET
  •  • 2 083 mots

Dans le chapitre « Un sens précoce du temps »  : […] Lorsqu’il s’agit de l’évaluation de la durée d’événements ou de l’intervalle temporel entre deux événements, de quelques millisecondes à plusieurs minutes, on parle de perception du temps. La perception du temps n’est pas une capacité spécifique à notre espèce. Les animaux comme les êtres humains sont capables d’estimations temporelles précises. De nombreux travaux expérimentaux ont par ailleurs […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Sylvie DROIT-VOLET, « PERCEPTION DU TEMPS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/perception-du-temps/