PEINTURELes techniques

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L'Extrême-Orient

Les supports

Le papier

Le papier, inventé en Chine vers la fin du Ier siècle de notre ère, connut rapidement une large diffusion, car il se présentait comme un substitut bon marché de la soie. Quelques siècles s'écoulèrent toutefois avant que peintres et calligraphes ne commencent à l'utiliser comme support pour leurs œuvres, précisément parce qu'il était tenu à l'origine pour une matière de moindre prix. Mais le papier finit par conquérir ses lettres de noblesse : les progrès réalisés dans sa technique de fabrication le portèrent à un haut point de perfection sous les Six Dynasties et les plus grands calligraphes de cette époque l'utilisèrent. En peinture, il est adopté parallèlement à la soie à partir du xie siècle ; papier et soie répondent en fait dans les grandes lignes à deux types différents d'inspiration : la soie convient mieux aux ouvrages décoratifs et académiques, cependant que les lettrés préfèrent généralement le papier pour leurs libres improvisations à l'encre monochrome.

Les variétés de papier sont innombrables ; la meilleure qualité est obtenue à partir de la pulpe de bambou. De texture simple ou formé de plusieurs couches, il se présente soit « cru », soit préparé ; le papier cru à une plus forte capacité d'absorption de l'encre, il réagit un peu à la façon d'un buvard et demande de la part de l'artiste une compétence technique supérieure. Le papier chinois est remarquablement résistant et se conserve beaucoup mieux que la soie. En vieillissant, il prend une belle patine beige, gris chaud ou jaune (les faussaires imitent ces patines en trempant leurs peintures dans un bain d'eau additionnée de soude ou de sucre brun). Comme pour la soie, l'analyse des types de papiers utilisés aux diverses périodes ne peut guère fournir que des critères négatifs pour l'authentification des œuvres : à toutes les époques, les peintres ont disposé de papier vierge des dynasties antérieures.

La tradition veut qu'en 609 le moine Donchō, originaire du royaume de Kokuryŏ (Corée du Nord), ait introduit au Japon les procédés de fabrication du papier, du pinc [...]

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Femme Assise au genou replié, E. Schiele

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Danseuses bleues, E. Degas

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Le Baptême du Christ, Piero della Francesca

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Christ de douleur avec Marie et saint Jean, N. Zafuri

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Écrit par :

  • : attachée au musée Guimet
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres et sciences humaines, professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, peintre et écrivain
  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pour citer l’article

Marie MATHELIN, Madeleine PAUL-DAVID, Jean RUDEL, Pierre RYCKMANS, « PEINTURE - Les techniques », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peinture-les-techniques/