KRUGMAN PAUL R. (1953- )

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Au-delà de la théorie traditionnelle du commerce international

La théorie traditionnelle de l'échange s'est longtemps appuyée sur la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo (1817) et, dans le prolongement de cette dernière, sur d'autres travaux, qui se sont succédé pendant la première moitié du xxe siècle, avec les économistes suédois Eli Heckscher et Bertil Ohlin d'une part, et l'Américain Paul Samuelson d'autre part.

Selon l'approche classique, l'échange international est un jeu à somme positive, la spécialisation des pays s'explique par l'existence de différentiels naturels de productivité, échange et spécialisation garantissent une allocation optimale des ressources.

Dès les années 1970, des études empiriques inspirées de la thèse de « l'échange inégal » mettent en évidence les limites de la théorie traditionnelle : le « jeu à somme positive » l'est davantage pour certains pays que pour d'autres ; certaines spécialisations créent des avantages tels que les pays favorisés connaissent des rythmes de croissance durablement plus élevés ; le différentiel de productivité peut être construit grâce à des économies d'échelle et des innovations dans le cadre d'une concurrence imparfaite.

Pour tenter d'expliquer ces nouvelles tendances de l'échange, Paul Krugman jette les bases, dans les années 1980, de ce qu'il est convenu d'appeler la « nouvelle théorie du commerce international ». Certains contestent la nouveauté de ses analyses, estimant qu'il ne fait que donner une large diffusion à des approches antérieures qui avaient en commun de renoncer aux hypothèses irréalistes du modèle de concurrence parfaite. Il est vrai que Krugman intègre des effets connus : ceux de la concurrence monopolistique mis à jour par Edward Chamberlin en 1933, ou ceux des rendements croissants étudiés par Alfred Marshall.

Ce talent d'interprète ne fait pas moins de Krugman la figure de proue du courant de pensée de la « nouvelle macroéconomie keynésienne ».

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Pour citer l’article

Françoise PICHON-MAMÈRE, « KRUGMAN PAUL R. (1953- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-r-krugman/