Passamezzo milanese, PACOLINI (Giovanni)

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Auteur

Le nom du compositeur et luthiste italien Giovanni Pacolini ne nous est connu que grâce à quelques pièces figurant dans un recueil édité en 1564. On ne possède en effet pratiquement aucune information biographique sur lui ; il est peut-être né à Borgo Val di Taro, dans la province de Parme, et aurait été luthiste à la cour des Farnèse au début du XVIIe siècle.

Genre - Musique instrumentale pour ensemble de luths

Jusqu'à la fin du XVe siècle, le luth est réservé à l'accompagnement du chant ou de la danse ; sa vogue est attestée dans les cours européennes (en France, sous Charles VIII). Au début du XVIe siècle, un répertoire propre (pièces originales ou transcriptions) commence à lui être consacré. Il subit alors des transformations qui l'enrichissent : il compte bientôt entre 9 et 14 cordes, sa tessiture s'élargit, d'où une plus grande souplesse d'emploi, et il se constitue en famille (dessus de luth, luth soprano, alto, ténor, basse) tout en donnant naissance à l'archiluth, au théorbe, au chitarrone.

Forme - Passamezzo

La Passamezzo Milanese, connue aussi sous le nom de Passamezzo Antico, une des suites de danses italiennes de Pacolini, est fondée sur le schéma passamezzo, padoana, saltarello. La passamezzo est une danse de rythme binaire, semblable à la pavane, mais plus rapide ; la padoana (ou padovana), plus lente, est une pavane ; la saltarello (ou salterello) est une danse sautée, vive, de rythme ternaire obstiné, proche de la tarentelle et de la gaillarde. Un exemple célèbre d'utilisation de la saltarello : le finale de la Quatrième Symphonie, «Italienne» (1833) de Felix Mendelssohn-Bartholdi.

Esthétique

L'exécution de la musique de danse du XVIe siècle est un sujet délicat ; mais, dans le cas de Pacolini, nous possédons un recueil de danses populaires dont la formation instrumentale est un ensemble de trois luths. Nous pouvons en déduire un certain type d'accompagnement concernant la musique profane pour danses : le support harmonique est confié au luth basse, qui énonce des motifs répétés, alors que les deux autres laissent vraisemblablement place au talent d'improvisation des instrumentistes.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Passamezzo milanese, PACOLINI (Giovanni) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/passamezzo-milanese-pacolini-giovanni/