CONVERT PASCAL (1957- )

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Le temps des images

La notoriété lui est venue avec un Bas-relief réalisé en cire, résine et cuivre (1999-2000), appelé aussi Pietà du Kosovo. Cette sculpture expressive par son dépouillement s’inspire d’une photographie de presse due à Georges Mérillon, Veillée funèbre au Kosovo, réalisée en janvier 1990 à la suite de la mort de quatre jeunes Kosovars tués par des policiers serbes. Cette réflexion sur le pouvoir des images (comment les regarder ? quelle est leur dimension politique, culturelle ?) s’est poursuivie avec la Madone de Bentalha (2001-2002, cire polychrome) et la Mort de Mohamed Al Dura (2002-2003, cire), respectivement inspirées par une photo de Hocine Zaourar et des photogrammes d’une vidéo de Talal Abou Rahmeh. Ces trois œuvres sont conservées au musée d’art moderne Grand-Duc Jean (Luxembourg).

En 2002, dans le cadre d’une commande de l’État français à l’initiative de Robert Badinter, Pascal Convert est invité à réaliser un Monument à la mémoire des résistants et otages fusillés au Mont-Valérien entre 1941 et 1944. Il choisit un symbole simple, la forme d’une cloche de grand format en bronze posée à même le sol, sur laquelle sont inscrits les mille et quinze noms des victimes. L’artiste complète cette invention sculpturale par la réalisation d’un film plus personnel, à vocation documentaire, Mont-Valérien, aux noms des fusillés, qui poursuit le travail de mémoire du monument par des voies différentes : « Une œuvre d’art n’a pas pour fonction d’expliquer l’histoire, affirme-t-il, elle dégage une puissance d’évocation qui se suffit à elle-même. Un film remplit un autre rôle. […] Je voulais donner un visage à ces héros oubliés, raconter d’où ils venaient et qui ils étaient. »

C’est avec un procédé radicalement différent que Pascal Convert entreprend en 2008 la réalisation d'un ensemble de vitraux pour l'abbatiale de Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique). Cette commande de l’État destinée à un lieu de culte catholique lui fournit l’occasion de redonner des visages à des figures de l’ombre. Loin de toute iconographie religieuse, il décide de représenter [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire et de théorie de l'art contemporain à l'université de Paris-VIII

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Pour citer l’article

Paul-Louis RINUY, « CONVERT PASCAL (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pascal-convert/