PARASITISME

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Animaux parasites

L'hôte représentant le milieu où vit le parasite, cela implique des rapports de taille : le parasite doit être plus petit (en volume) que son hôte. Les animaux volumineux sont rarement parasites mais par contre sont souvent les plus parasités. Certains embranchements (spongiaires, échinodermes, urochordés) ne comptent pas de formes parasites, chez d'autres (cœlentérés, mollusques, vertébrés), elles sont rares ou exceptionnelles. Ailleurs, les parasites sont plus abondants mais limités à certaines classes ou familles. Parmi les crustacés, les cirripèdes, isopodes et copépodes comptent beaucoup d'espèces parasites. Dans d'autres groupes, des classes ou des ordres entiers sont composés de parasites, opalines ou trypanosomes parmi les protozoaires flagellés ; monogènes, cestodes et trématodes parmi les plathelminthes. Enfin, il existe des embranchements entièrement formés de parasites : apicomplexa (sporozoaires) chez les protozoaires, acanthocéphales chez les métazoaires.

L'hyperparasitisme est le cas où un parasite est l'hôte d'un autre parasite : amibes parasites d'opalines, haplosporidies parasites de trématodes larvaires, hyménoptères parasitoïdes d'hyménoptères, eux-mêmes parasitoïdes de lépidoptères.

L'adaptation au parasitisme

Selon la localisation du parasite chez l'hôte, on peut séparer trois types de parasitisme :

– Les ectoparasites vivent sur les téguments de l'hôte et restent ainsi en contact direct avec le milieu extérieur.

– Les mésoparasites se rencontrent dans l'hôte mais dans des organes ouverts sur le milieu extérieur (intestin, appareil urinaire ou génital par exemple).

– Les endoparasites vivent dans les tissus (musculaires, nerveux), dans des cavités fermées (hémocœle des insectes, système circulatoire des vertébrés) ou dans des cellules, par exemple comme le fait le Plasmodium, microbe responsable du paludisme. Ils doivent pénétrer et sortir de l'hôte par effraction.

Le parasitisme résulte de l'adaptation d'organismes au milieu particulier qu'est le milieu vivant. Cette adaptation des parasites revêt parfois des aspects extraordinaires.

La morpho-anatomie est caractérisée par la tendance générale à une augmentation de la taille des parasites (lorsqu'on peut la comparer à celle des formes libres apparentées). Il semble exister une correspondance entre la taille du parasite et celle de l'hôte. Le plus grand nématode Placentonema gigantissima (8,5 m de longueur)) a été récolté dans le placenta des baleines. Les adaptations les plus importantes portent sur le développement et la modification d'organes (ventouses, crochets) destinés à assurer l'attachement du parasite à l'hôte. Elles sont particulièrement marquées chez les ectoparasites. On note aussi la réduction ou la disparition d'organes (locomoteurs, sensoriels) liés à la vie libre.

Les modifications sont parfois telles qu'il est difficile de situer le parasite dans la systématique. La sacculine adulte, simple sac appendu sous l'abdomen des crabes, ne ressemble en rien à un crustacé. Seuls les stades libres (Nauplius et Cypris) qui assurent la dispersion de la sacculine permettent, par leur morphologie typique de ces larves, de les rapprocher des crustacés cirripèdes.

Une des principales adaptations anatomiques est l'augmentation, parfois extraordinaire, de l'appareil reproducteur. D'autres sont liées à l'alimentation : augmentation du volume du système digestif chez les hématophages (sangsues, tiques) mais disparition chez certains parasites intestinaux (cestodes, acanthocéphales).

La physiologie des parasites peut être très voisine de celle des animaux libres chez les ectoparasites, alors qu'elle se modifie chez les mésoparasites et les endoparasites. Ainsi, en ce qui concerne la nutrition, l'absorption transtégumentaire prend souvent le pas sur la digestion de matières ingérées ; par des mécanismes de diffusion simple, de transfert facilité, de transport actif et même d'endocytose au niveau des membranes plasmiques périphériques, elle permet l'acquisition de molécules très variées aux dépens du milieu hôte environnant. Il est curieux de noter que, dans un même habitat, par exemple l'intestin de l'hôte, les nématodes prennent leurs nutriments par voie digestive, les cestodes et les acanthocéphales par voie transtégumentaire, tandis que les trématodes utilisent les deux voies. Certains œufs même se nourrissent par absorption à travers la coque : l'embryon des schistosomes n'évolue en miracidium que si le milieu hôte lui fournit une série de molécules bien déterminées.

Les parasites tirent l'essentiel de leur énergie de la dégradation du glucose, le plus souvent stocké sous forme de glycogène. Cette glycolyse se fait suivant des voies comparables à celles des animaux libres, mais les processus anaérobies y jouent un rôle plus important. Les parasites ne négligent cependant pas la possibilité, quand elle existe, d'utiliser l'oxygène, même rare ; certains d'entre eux (nématodes) possèdent des pigments respiratoires très performants, du type hémoglobine.

La reproduction sexuée se caractérise par une fertilité en général très importante. Elle est parfois accompagnée d'une multiplication asexuée rapide et peu consommatrice d'énergie (schizogonie, sporogonie des protozoaires, polyembryonie des hyménoptères parasitoïdes, multiplication larvaire des trématodes dans le mollusque hôte intermédiaire).

L'évitement immunitaire

Le milieu parasité est vivant, donc capable de se défendre. Qu'il s'agisse d'un invertébré, où les mécanismes de défense sont relativement simples et peu spécifiques, ou d'un vertébré, où l'immunité atteint un haut degré de complexité et de spécificité, on est étonné de voir l'hôte « accepter » le parasite.

L'évitement immunitaire se réalise par des mécanismes divers. L'un des plus étonnants (variation antigénique) est utilisé par certains trypanosomes (protozoaires, agents de la maladie du sommeil, transmis par la mouche tsé-tsé). La maladie est caractérisée par des « vagues » de forte parasitémie séparées par des « creux » où le parasite est quasi indétectable ; l'intervalle est de 5 ou 6 jours. La membrane plasmique du trypanosome porte une seule protéine (glycoprotéine d'un PM de 65 000 daltons, constituée de 500 acides aminés) et n'expose donc qu'un unique antigène au système immunitaire de l'hôte. Celui-ci fabrique des anticorps dirigés co [...]

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Écrit par :

  • : professeur de biologie à l'université de Perpignan
  • : docteur ès sciences, professeur de biologie à l'université des sciences et techniques du Languedoc, Montpellier
  • : professeur honoraire à l'université de Paris-XI

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Pour citer l’article

Claude COMBES, Louis EUZET, Georges MANGENOT, « PARASITISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/parasitisme/