PARAPHILIES ET TROUBLES PARAPHILIQUES

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Prise en charge des paraphilies

Le début du traitement des paraphilies remonte à la fin du xixe siècle. La première approche a été la castration chirurgicale, utilisée pour la première fois à des fins thérapeutiques, en 1892, en Suisse, pour traiter un patient jugé « imbécile » qui rapportait une douleur névralgique des testicules ainsi qu'une « hypersexualité ». Au cours du xxe siècle, la castration chirurgicale de certains délinquants sexuels a été utilisée aux États-Unis, mais également dans certains pays européens (Danemark, Norvège, Pays-Bas, Allemagne, Suisse…). Les patients inclus dans les études liées à ces procédés variaient en termes de diagnostic et de type d'infraction sexuelle commise, mais la castration chirurgicale a entraîné chez eux une réduction marquée de la récidive d'infraction sexuelle. La castration chirurgicale des délinquants sexuels en Europe a été interrompue au début des années 1970, bien qu'elle soit toujours possible en théorie dans certaines situations en Allemagne et en République tchèque. Elle a été réintroduite légalement pour les délinquants sexuels dans certains États américains en 1996. Une utilisation limitée de la neurochirurgie a également été faite chez des délinquants sexuels. Comme la castration chirurgicale, l’intervention neurochirurgicale à de telles fins est irréversible et source d'effets secondaires.

Parallèlement, dans les années 1940, certaines tentatives ont été faites pour traiter les délinquants sexuels avec des œstrogènes par voie orale mais, en raison des effets secondaires féminisants, cette pratique a été supplantée dans les années 1960 par des médicaments destinés principalement à réduire les taux de testostérone ou son action. L'acétate de cyprotérone (CPA), disponible dans la plupart des pays, est administré par voie orale ou par injection sous forme à libération prolongée (forme galénique non disponible en France). En France, l'agence du médicament a limité son utilisation en première intention compte tenu du risque de méningiome. Il est fréquemment prescrit en [...]


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Écrit par :

  • : professeure des Universités, professeure de psychiatrie et d'addictologie, université de Paris, CHU Cochin, INSERM U1266 - Institut de psychiatrie et de neurosciences de Paris, présidente de l'International association of women's mental health

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Pour citer l’article

Florence THIBAUT, « PARAPHILIES ET TROUBLES PARAPHILIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paraphilies-et-troubles-paraphiliques/