OVIDE (-43-17)

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Un poète érotique

Publius Ovidius Naso est né à Sulmone, petite ville qui garde son souvenir attendri dans l'immuable décor des Abruzzes. Il étudia à Rome où il fut, selon le témoignage de Sénèque le Père, l'élève brillant de rhéteurs célèbres. Il fit, avec son ami Aemilius Macer, le classique voyage en Grèce. Il aima Rome et tout ce qu'elle offrait alors à qui cherchait distractions, cercles littéraires et systèmes de pensée. Il se maria trois fois. Pour une raison inconnue et controversée, Auguste l'envoya en exil à Tomes, sur les bords du Pont-Euxin, dans l'actuelle Dobroudja ; et la mort du souverain ne mit pas fin à cette relégation qu'il dut subir jusqu'en 17, année où le poète éloquent et sociable qu'il avait été mourut fort isolé et déprimé.

Quoique admirateur de Lucrèce et de Virgile, Ovide suivit d'abord la trace de Cornelius Gallus en écrivant comme Properce et Tibulle des distiques élégiaques. Corinne – dont le nom domine les Amores – n'a pas la personnalité de Lesbie, de Cynthie ou de Délie ; c'est plutôt une image de la femme, ou des femmes qu'il connaît bien. En cinq livres, puis en trois, il définit son écriture personnelle et traite avec une aisance quelquefois teintée d'ironie des thèmes connus qu'il renouvelle par une sorte de distanciation : l'attente devant la porte fermée, la maladie de la femme aimée, la coquetterie, la joie du premier triomphe, les jalousies, les turpitudes, l'amitié, rien n'est peut-être anecdotiquement véridique, mais tout sonne juste, même le poème de regret sur la mort de Tibulle. L'amour est une sorte de militia ; Cupidon s'amuse avec la fantaisie de la jeunesse ; on entrevoit le souvenir de Sulmone. Les Héroïdes, lettres en vers de femmes abandonnées, auront une longue postérité en langue latine ou vulgaire. Briséis, Médée, Phèdre, Laodamie, gardent leur accent épique ou tragique tout en pratiquant la rhétorique élégiaque du pressentiment d'abandon défini après coup. Ovide a lu ses classiques grecs ; et même Sapho, à qu[...]

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Ovide, Publius Ovidius Naso (43 av. J.-C.-17 apr. J.-C.), reprend dans ses Métamorphoses un thème classique de l'Antiquité : le récit des transformations d'hommes en bêtes, en objets inanimés, parfois en forces de la nature . Le texte en est un long poème de douze mille vers, divisé en quinze livres, et relatant deux cent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-metamorphoses/#i_9611

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Pour citer l’article

Simone VIARRE, « OVIDE (-43-17) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ovide/