ŌTSU-E. PEINTURES POPULAIRES DU JAPON (exposition)

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Du religieux au satirique

Au début du xviie siècle, Ōtsu devint le premier relais sur la route du Tōkaidō qui conduisait de Kyōto, la ville où siégeait l’empereur, à Edo (aujourd’hui Tōkyō) dont le shogun Tokugawa Ieyasu avait fait sa capitale après une prise de pouvoir qui avait mis fin aux conflits entre grands seigneurs. Ainsi commence l’époque Edo (1603-1868). Obligés de se rendre tous les deux ans à Edo pour renouveler leur allégeance au shōgun, les seigneurs firent de cette route un axe de circulation et de négoce important, en particulier pour le riz. Également proche de sites de pèlerinage, ce lieu qui s’étendait sur plusieurs villages comptait de nombreuses échoppes de souvenirs, dont celles des imagiers.

Les premières images connues s’inspirent de l’iconographie bouddhique dont la représentation des Treize Bouddhas, très utilisée par les plus modestes lors des funérailles. Parmi ces images aux vertus protectrices se trouve celle du Bodhidharma, le patriarche du courant zen, figuré d’un trait simplifié qui évoque le portrait (à l’encre sur papier) plein d’humour qu’en fera plus tard le peintre et moine zen Sengai (1750-1837).

Plus singulières sont les variations sur le motif du démon issu des enfers bouddhiques. Ce démon possède des apparences humaines et des particularités monstrueuses, avec un corps rougeâtre à la tête cornue et munie de crocs. L’un des thèmes de prédilection est le démon travesti en moine mendiant invoquant le nom de Bouddha. Passant du sens satirique au sens moral, des inscriptions tardives donnent parfois à la fin du xviiie siècle une interprétation didactique du personnage : « Sans miséricorde/ni compassion/l’homme qui invoque/le nom d’Amida/ressemble au démon ». Enfin, l’exposition montre des statuettes en bois polychrome dont certaines furent rapportées par Émile Guimet lors de sa mission au Japon en 1876. Au xxe siècle, des figurines en terre cuite ou en bois continuent d’être confectionnées pour les touristes et les pèlerins.

Démon jouant du luth, XVIIIe s.

Démon jouant du luth, XVIIIe s.

Photographie

Peintures anonymes de style naïf, les Ōtsu-e puisent à l'origine leur thème dans le répertoire bouddhique. Religion et satire s'y mêlent à travers les figures de démons, de guerriers ou de courtisanes, avec une forte composante animale. Démon jouant du luth, XVIIIe siècle. Coll. part.,... 

Crédits : Ôtsu City Museum of History, Japon

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Nelly FEUERHAHN, « ŌTSU-E. PEINTURES POPULAIRES DU JAPON (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/otsu-e-peintures-populaires-du-japon-exposition/