ORTHOPTÈRES ET DERMAPTÈRES

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Étude d'un type d'orthoptère : la grande sauterelle verte

Morphologie

La grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima, fig. 1) est un insecte de 6 cm environ, d'une belle couleur vert tendre, qu'on trouve assez communément dans les jardins, mais jamais en grand nombre. Elle est carnassière et s'attaque à toutes sortes d'insectes, mouches, acridiens, papillons ; elle consomme aussi des substances végétales et peut s'en prendre aux arbres fruitiers ou aux cultures maraîchères. La tête est orthognathe et porte les yeux composés, les trois ocelles, les antennes (très longues) et les pièces buccales broyeuses. Le prothorax présente un pronotum développé largement rabattu sur les côtés. Le mésothorax et le métathorax sont cachés par les ailes dans leur partie dorsale, mais les pleurites sont légèrement obliques et leurs constituants fondamentaux, épisternes et épimères, sont nettement visibles. Les trois paires de pattes sont bien développées. Les premières portent sur le tibia un tympan auditif en fente ; les dernières ont une croissance considérable ; leur fémur et leur tibia, démesurément allongés, servent au saut. Les ailes sont plus longues que le corps. Les ailes antérieures, durcies, sont transformées en élytres. Leur base est différenciée, chez le mâle, en un organe stridulant (cf. infra). Les ailes postérieures très développées se replient en éventail au repos. Leur nervation est typique et le champ anal, vaste, comprend un grand nombre de nervures (fig. 2). L'abdomen montre dans sa partie dorsale (tergites) dix segments ; le onzième, rudimentaire, constitue les valves anales (un épiprocte et deux paraproctes). Dans la partie ventrale, neuf sternites seulement sont visibles chez le mâle et sept seulement chez la femelle. Les segments abdominaux portent latéralement huit stigmates mais sont dépourvus d'appendices, à l'exception des cerques placés à la limite des 10e et 11e tergites et des styles portés par le 9e sternite des mâles (plaque sous-génitale).

Tettigonia viridissima : vue latérale

Dessin : Tettigonia viridissima : vue latérale

Vue latérale de Tettigonia viridissima femelle, ailes repliées. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tettigonia viridissima : face supérieure des ailes

Dessin : Tettigonia viridissima : face supérieure des ailes

Vue de la face supérieure des ailes de Tettigonia viridissima femelle, en position de vol. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Chez le mâle, l'orifice génital est entouré de deux paires de valves formant les différentes parties d'un organe copulateur compliqué qui n'est pas un vrai pénis (titillateur ou épiphalle). L'oviscapte de la femelle est très grand et a l'aspect d'un sabre. Il est composé de six valves paires : deux inférieures, deux supérieures et deux internes qui ne sont pas visibles extérieurement. Ces valves sont unies entre elles par des coaptations (fig. 3). La tarière permet le dépôt des œufs dans le sol. Les valves externes servent au fouissement et les valves internes, plus molles, servent à l'expulsion de l'œuf.

Tettigonia viridissima : extrémité de l'abdomen

Dessin : Tettigonia viridissima : extrémité de l'abdomen

Extrémité de l'abdomen de Tettigonia viridissima. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Développement

Le nombre de mues des orthoptères est généralement élevé ; il est de six chez Tettigonia, mais peut atteindre ou dépasser dix chez les grillons. L'aspect des jeunes est assez voisin de celui de l'adulte, bien que les dessins et ornements cutanés soient différents. Au point de vue morphologique, les principales modifications qui surviennent au cours du développement post-embryonnaire concernent les ailes et les organes reproducteurs, comme l'oviscapte, qui se développent de façon progressive et s'allongent à chaque mue (développement hétérométabole). Cependant la croissance des ailes (en plus de leur allongement) s'accompagne de deux retournements successifs : le premier intervient précocement (3e et 4e mue) ; à la suite de ce mouvement, la face interne des ébauches alaires est tournée vers l'extérieur et les ailes recouvrent les élytres ; le second retournement se produit à la dernière mue et replace les deux ailes selon leur position normale.

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Tettigonia viridissima : vue latérale

Tettigonia viridissima : vue latérale
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tettigonia viridissima : face supérieure des ailes

Tettigonia viridissima : face supérieure des ailes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tettigonia viridissima : extrémité de l'abdomen

Tettigonia viridissima : extrémité de l'abdomen
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Gryllus bimaculatus : nervation des élytres

Gryllus bimaculatus : nervation des élytres
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Pour citer l’article

Robert GAUMONT, « ORTHOPTÈRES ET DERMAPTÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/orthopteres-et-dermapteres/