ORPHISME

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Les orphéotélestes

À première vue, les disciples d'Orphée paraissent aussi insaisissables que leur maître dont la biographie se perd dans le mythe. Les modernes en ont souvent conclu que l'orphisme était une religion sans culte et sans pratique, oubliant ainsi qu'un trait fondamental de celui qui pratique le genre de vie orphique (bios orphikos) est d'être d'abord un individu marginal, un errant séparé du corps social. Jusqu'à l'époque de Théophraste, les orphéotélestes – les initiateurs orphiques – se confondent plus ou moins avec ces purificateurs et ces devins ambulants voyageant de cité en cité et proposant aux hommes leurs recettes de salut, à la manière des démiurges qui, à l'époque archaïque, promènent par le monde leurs savoirs et leurs habiletés. Dans La République, Platon parle avec mépris de ces individus qui font état d'une foule de livres de Musée et d'Orphée, sur l'autorité desquels ils règlent leurs sacrifices, se flattant d'obtenir, pour les simples particuliers et même parfois pour des cités, « absolution et purification » de fautes et d'injustices anciennes. Mais ces disciples d'Orphée ne se présentent comme des purificateurs et des spécialistes de l'initiation que parce que leur genre de vie les qualifie singulièrement pour remplir ces fonctions.

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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Pour citer l’article

Marcel DETIENNE, « ORPHISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/orphisme/