ORNEMENT, musique

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Les ornements improvisés

Au Moyen Âge, l'ornementation des chants grégoriens était d'un usage courant. Bien qu'elle nous soit peu connue, du fait de son caractère improvisé, on conserve quelques exemples qui furent exceptionnellement intégrés dans certains manuscrits. La musique est également ornée quand elle est polyphonique : par exemple, quatre voix évoluent selon des quintes parallèles doubles, les deux voix supérieures improvisant des ornements.

Dès le xive siècle se développe la musique instrumentale. Les premiers musiciens qui écrivent pour des instruments d'harmonie (orgue) commencent tout d'abord par adapter des pièces choisies dans le répertoire de la polyphonie vocale. Ces compositions sont pénétrées par l'ambiance et la couleur propres à cette musique vocale ; l'ornementation elle-même procède par imitation des inflexions de la voix humaine. Mais on s'aperçoit vite que les sons conçus pour la voix ne s'adaptent pas toujours aux possibilités instrumentales. Une valeur longue tenue par la voix sonne bien, surtout si le chanteur s'applique à garder une bonne intonation ; la même valeur longue jouée par un instrument risque fort d'être monotone. Aussi prend-on l'habitude de « colorer » la mélodie originale, et des auteurs comme Francesco Landini (env. 1325-1397) œuvrent dans ce domaine (fig. 1). Parallèlement à la polyphonie sacrée, les chansons profanes, elles aussi, sont interprétées très librement, et si l'on compare différentes versions d'une même pièce d'Alexander Agricola (env. 1446-1506) ou de Binchois (env. 1400-1460), on en déduit que les mélodies étaient vraiment « interprétées », car sur un même canevas apparaissent les variations les plus spontanées, ce qui laisse entendre que chaque chanteur devait donner de ces œuvres une « lecture » personnelle. La renommée des chanteurs s'établissait d'ailleurs en grande partie sur la capacité et le talent qu'ils déployaient à bien orner la musique. Mais l'interprétation, pour libre qu'e [...]

Francesco Landini : colorature pour clavier

Dessin : Francesco Landini : colorature pour clavier

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Francesco Landini (1325-1397) : une « colorature » pour le clavier d'après la polyphonie vocale 

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Francesco Landini : colorature pour clavier

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Diego Ortiz : cadences conclusives

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Adrian Le Roy : pavane pour le luth

Adrian Le Roy : pavane pour le luth
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Geoffroy-Dechaume : notes inégales

Geoffroy-Dechaume : notes inégales
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Écrit par :

  • : directeur de la revue Musique ancienne, luthier d'art (copies de luths et clavecins anciens)
  • : ancien critique à Sud-Ouest et à Contact Variété, professeur d'improvisation et d'histoire de la musique

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Pour citer l’article

Joël DUGOT, Antoine GARRIGUES, « ORNEMENT, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ornement-musique/