ORNEMENT, histoire de l'art

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Une présence universelle

L'ornement est de tous les temps et de toutes les cultures. Il peut aller de la simple hachure ou zigzag à des systèmes extrêmement complexes, comme les mauresques ou les dessins pour tissus, du type appelé « bizarre », employés en Angleterre et en France (fin du xviie-début du xviiie s.). Les rapports entre l'objet et son ornementation forment un très vaste sujet ; ils sont liés à la fois aux problèmes de la production et de l'esthétique. Dans l'art des pays de l'islam, le rapport de l'ornement et de l'objet qu'il décore est intrinsèque, et il est parfaitement impossible de les séparer. En Occident, il en est en grande partie de même, mais le développement de la production industrielle a bouleversé ce rapport dès le xviiie siècle. Il est donc primordial de connaître l'esthétique de la période durant laquelle l'ornement a été employé pour pouvoir établir le rapport qui existe entre l'objet et son ornementation, entre le contenu et son expression. L'ornement a été jusqu'au xixe siècle intimement lié à sa fonction, une dissociation s'instaurant nettement au cours du xixe siècle lorsque les dessinateurs puisaient dans la collection des ornements du passé en choisissant, selon les modes, tel ou tel ornement historique. La fonction première de l'ornement devint alors de masquer la matière brute, et la production industrielle empruntait aux arts mineurs ce qui leur était traditionnellement propre. On pensait que, grâce à la machine, on pourrait produire, en mieux, tout ce qui dans le passé montrait encore les défauts et les irrégularités du travail manuel. Cette croyance eut la vie longue, bien que beaucoup se fussent rendus compte, dès le début du xixe siècle, de l'impossibilité d'établir par la production de copies, même avec des variantes, une base viable pour l'art contemporain. La réaction contre l'objet surchargé se manifesta à l'apogée de la fabrication industrielle de l'ornement, alors que la dissociation entre celui-ci et sa fonction était poussée à l'extrême. On peut distinguer de multiples approches, parallèles ou successives, mais jam [...]


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Écrit par :

  • : historien de l'art, diplômé de l'université de Leyde, Pays-Bas

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Pour citer l’article

Peter FUHRING, « ORNEMENT, histoire de l'art », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ornement-histoire-de-l-art/