ORGUEIL ET PRÉJUGÉS, Jane AustenFiche de lecture

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Une vision ironique de la société

L'art consommé de l'ironie permet à Jane Austen de sonder l'âme d'une société prise dans des contradictions qui l'empêchent de revenir sur ses propres principes et d'évoluer. Bien que le champ de réflexion social soit ici très restreint, la maîtrise de la mécanique dramatique des personnages et de l'action permet à la romancière de montrer l'idéologie sous-jacente en acte. Autour d'Elizabeth et de Darcy ,c'est en effet tout un univers vibrionnant d'arrivistes et d'étourdies, de fâcheux et de jeunes premiers qui se déploie.

Jouant à merveille des variations de tonalités, sachant faire cohabiter une forme de comédie loufoque, incarnée par Mrs Bennet, la satire sociale, en particulier dans des scènes de groupe complexes, et l'introspection psychologique, dans des moments qui anticipent sur la pratique du monologue intérieur, Jane Austen brosse le portrait d'une société cruelle où la valeur des êtres est d'abord fonction de leur position sur l'échiquier social.

Au centre du dispositif dramatique, les deux protagonistes ont pour fonction d'apporter la contradiction et de résoudre ces tensions, par une union convenue, qui tout à la fois bouleverse les codes sociaux et conforte les conventions de la comédie sentimentale. Le pouvoir de fascination d'Orgueil et préjugés réside, sans nul doute, dans le paradoxe qui fait de ce couple idyllique l'agent d'une subversion maîtrisée. Au terme d'un voyage intérieur qui les contraint à remettre en question leurs préjugés, les deux personnages incarnent la promesse d'une réconciliation intérieure et sociale.

Si nombre de personnages secondaires du roman sont condamnés sans retour à rester des marionnettes impuissantes, Elizabeth et Darcy deviennent, du fait de leur nouvelle lucidité, les instruments d'un ordre apaisé et renouvelé. Fortement influencée par l'idéologie conservatrice d'Edmund Burke (1729-1797), homme politique et écrivain, Jane Austen aspire moins à ébranler les structures sociales qu'à les modifier de l'in [...]

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AUSTEN JANE (1775-1817)

  • Écrit par 
  • Brian C. SOUTHAM
  •  • 2 774 mots
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Dans le chapitre « Les écrits de jeunesse »  : […] Les trois premiers romans de Jane Austen se distinguent des suivants par la forte satire littéraire dont s'accompagne la description des personnages et de la société. Raison et sentiments relate la vie des sœurs Dashwood, qui vivent dans la gêne. Marianne incarne les « sentiments », c'est-à-dire les épanchements amoureux. Elle s'éprend du beau John Willoughby, qui sous les dehors d'un amant roman […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Catherine BERNARD, « ORGUEIL ET PRÉJUGÉS, Jane Austen - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/orgueil-et-prejuges/