O.P.E.P. (Organisation des pays exportateurs de pétrole)

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L'OPEP (OPEC en anglais) a été créée à Bagdad, en 1960, à l'initiative principale du Venezuela. Outre ce pays, les membres fondateurs sont l'Arabie Saoudite, l'Irak, l'Iran et le Koweït. Son siège est à Genève jusqu’en 1965, année où il est transféré à Vienne (Autriche). Dans un contexte d'offre pétrolière abondante, son influence reste faible jusqu'au début des années 1970, l'OPEP limitant son ambition à l'amélioration des recettes perçues par ses membres sur l'exploitation des concessions.

Mais le retournement du marché pétrolier, le poids croissant des pays du Moyen-Orient au sein de l'Organisation et la politisation des problèmes (nationalisation quasi générale des industries pétrolières ; conflit israélo-palestinien) transforment l'OPEP en acteur de premier plan, capable d'imposer unilatéralement aux économies du Nord des hausses massives du prix du brut.

Cependant, l'OPEP réunit des intérêts trop divergents (les intérêts vitaux de l'Algérie, de l'Indonésie ou du Nigeria, pays aux réserves pétrolières limitées et aux besoins de développement pressants, sont très différents de ceux de l'Arabie Saoudite ou des Émirats du Golfe) et entretient trop de rivalités internes (Irak-Iran, Arabie Saoudite-Iran, etc.) pour fonctionner comme un véritable cartel. Certains y voient la démonstration de l'idée qu'un cartel de producteurs fonctionne quand le marché est favorable à ces derniers mais non dans le cas inverse. Depuis le début du contre-choc pétrolier (première partie des années 1980), elle a dû constater son impuissance à déterminer le cours du pétrole, devenu une matière première presque comme les autres, et admettre, pour quelque temps, la contraction de sa part de marché comme l'érosion de ses revenus. Inversement, les tensions sur l'offre de pétrole brut et la hausse des prix enregistrées à partir de 1999 ont renforcé l'organisation ; on l'a créditée d'un pouvoir sur ces phénomènes, qui résultent bien davantage de l'étroitesse de ses capacités de production disponibles face à une demande croissante de pétrole.

Les pays de l’OPEP représentent néanmoins environ 40 p. 100 de la production mondiale de pétrole brut et autour de 80 p. 100 des réserves connues. Leurs réunions périodiques et les éventuelles décisions qui s’ensuivent demeurent très observées par tous les acteurs économiques.

carte : OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole)

OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole)

Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Guinée équatoriale, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigeria, République du Congo, Venezuela. 

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En 2018, l’OPEP comptait quatorze membres. Aux cinq membres fondateurs s’ajoutent : la Libye (1962) ; Abu Dhabi (1967), qui formera avec six voisins les Émirats arabes unis en 1971 ; l'Algérie (1969) ; le Nigeria (1971) ; l'Équateur (1973) ; le Gabon (1975) ; l'Angola (2007) ; la Guinée équatoriale (2017) ; la république du Congo (2018).

L’Équateur a interrompu sa participation entre 1992 et 2007, et le Gabon en 1995 et 1996

. L’Indonésie, membre depuis 1962, a quitté l’organisation en 2008, réapparaissant seulement quelques mois en 2016. Le Qatar, qui était membre depuis 1961, ne l’est plus depuis la fin de 2017.

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Pour citer l’article

« O.P.E.P. (Organisation des pays exportateurs de pétrole) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/organisation-des-pays-exportateurs-de-petrole/